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À l’intérieur de la crise du disque – 2 : La peur d’être entendu
by L'oreille Gauche on Sep.03, 2009, under Actualités
Une partie de mon travail consiste à appeler des relationnistes, des maisons de disque et des gérants d’artiste pour demander “Pourrions-nous avoir un mp3 pour accompagner une critique du disque sur le site web ?”
Les réponses à cette simple question expliquent parfois pourquoi l’industrie du disque est si mal en point.
- Première partie : Le refus de la technologie
- Deuxième partie : La peur d’être entendu
- Troisième partie : À faire et à ne pas faire sur son site web… quand on en a un (À venir)
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Deuxième partie : La peur d’être entendu

Cas 1 : L’extrait
Pour des raisons de gestion de droit de reproduction et machin, il arrive que nous n’ayons droit qu’à un extrait de 45 secondes.
Qu’on le dise : l’extrait, en bas d’une minute et demi, c’est l’ennemi de la musique. Peut-on se faire une idée d’un disque en écoutant que 45 secondes de chaque pièce ?
En 45 secondes, Paradoid Android devient une ballade :
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Le disque Illinois de Sufjan Stevens, c’est surtout un disque de rock :
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Giant Steps, de John Coltrane, est une pièce où les solistes ont l’air perdu :
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et pour le classique, on en parle même pas, la pièce dure 15 minutes !
Même Itunes présente des extraits ridiculement court. Tant qu’à moi, c’est l’équivalent de faire ceci en littérature :
EXTRAIT : – Bonjour, dit-il en s’approchant d’une des corbeilles.
Ouin, c’est pas fort, Germinal. Zola, il est surestimé.
Cas 2 : Le vidéo prisonnier
L’artiste fait tourner un vidéoclip, ou une vidéo promotionnelle ou des extraits de spectacle. Super ! Tout le monde aime le vidéo ! Sauf que ledit vidéo, on ne peut pas l’incruster dans un autre site. Il n’est pas non plus sur Youtube, Vimeo ou Dailymotion.
Je dois donc appeler les relations média de l’artiste, et on va très probablement me répondre : “Oui, ça serait super de le mettre sur votre site. Je vais voir si je peux trouver le fichier.” Puis, s’il le trouve, il me dira : “Mais il pèse 500 megaoctets. Je peux pas l’envoyer par courriel.”
En général, je leur annonce que ça va, je l’ai déjà “volé” de leur site. (Merci à downloadhelper)
Pourquoi avoir fait une vidéo, si c’est pour ne pas le montrer ? Une vidéo sur un site web, ça doit venir avec un générateur de code pour “embedder” sur n’importe quelle autre page. Autrement, le vidéo va être vu par une fraction de ceux qui seraient intéressés à le voir.
Des exemples : la galerie vidéo de la compagnie de Robert Lepage, Martin Léon et le vidéo de son disque live et Bonnie Prince Billy, qui nous permet de voir son vidéo… en quicktime ???
Résultat :
Le résultat, c’est que moins de gens entendent ce que l’artiste fait, tout simplement.
Le web offre la possibilité de se répandre comme jamais auparavant. Mais il ne faut pas attendre que les gens arrive sur le site officiel et fasse le tour des sections. C’est irréaliste. Il faut être partout.
Surtout : il faut donner aux gens qui veulent vous répandre la possibilité de le faire la plus facilement possible.
Chaque clic entre l’internaute et le produit est un clic de trop. Qui, parmi vous, a cliqué sur un des liens, il y a deux paragraphes ? Probablement personne. Et combien de gens vont regarder la vidéo ci-dessous, mise là sans aucune raison ?
À venir dans la troisième partie : À faire et à ne pas faire sur son site web… quand on en a un
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À l’intérieur de la crise du disque – 1 : Le refus de la technologie
by L'oreille Gauche on Aug.30, 2009, under Actualités
Une partie de mon travail consiste à appeler des relationnistes, des maisons de disque et des gérants d’artiste pour demander “Pourrait-on avoir un mp3 pour accompagner une critique du disque sur le site web ?”
Les réponses à cette simple question expliquent parfois pourquoi l’industrie du disque est si mal en point.
- Première partie : Le refus de la technologie
- Deuxième partie : La peur d’être entendu
- Troisième partie : À faire et à ne pas faire sur son site web… quand on en a un (À venir)
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Première partie : Le refus de la technologie

Cas 1 : “Un quoi ?”
Plusieurs relationnistes de très grosses boîtes (Universal, Warner, EMI) ne savent simplement pas comment faire un mp3. Bien que leur métier consiste à propager de la musique, ils ne connaissent aucune autre méthode que de m’envoyer le disque par la poste.
Et parmi ceux qui savent, il y a ceux dont l’ordinateur de bureau ne permet pas d’extraire de MP3. De la bêtise institutionnelle.
Une fois, on a réussi à m’envoyer un MP3 (Bravo !), sauf qu’il était protégé par un un DRM. Je ne pouvais rien faire avec. Oups…
Cas 2 : “D’ici deux semaines”
Ceux qui savent comment encoder et peuvent le faire n’ont pas toujours le disque sous la main. Dans les grosses boîtes, ça signifie qu’ils doivent faire venir le disque de Toronto et qu’ils vont avoir ça d’ici deux semaines.
Numériser tous les disques et les mettre sur un serveur… non ? Grands Dieux, non ! Ça leur rappelle, j’imagine, les méthodes des dangereux pirates.
Résultat :
Il est arrivé plusieurs fois que ce soit plus simple de “pirater” la chanson que d’attendre que le disque arrive. Je suis un techno-débrouillard, mais ce n’est pas le cas de tous. Plusieurs auraient juste dit “Tant pis”. Et ça aurait été tant pis pour l’artiste.
Bien sûr, tous ne vivent pas dans le déni. De plus petites compagnies m’envoient souvent un mp3 dès le premier contact par courriel. Si j’avais à choisir qui va survivre, je pencherais pour elles bien plus que pour Universal, Warner et autres “majors” sclérosés.
En musique classique, il y a aussi les deux extrêmes. Il y a Analekta et son site extraordinaire, et il y a le gars qui sait à peine envoyer un courriel.
À venir dans la deuxième partie : La peur d’être entendu…
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