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Francouvertes 2010: Les prix du Tigre
by L'oreille Droite on May.04, 2010, under Actualités
L’Oreille du Tigre ne comprend rien aux concours. Bien qu’en fin de parcours, les gagnants ne sont que rarement dénués de talent, il y a toujours, comme le dirait Serge Bouchard, de remarquables oubliés. Ou juste des désaccords.
Cette année, la finale s’est jouée avec Monogrenade dans une grande salle, chose qu’ils n’ont pas encore tout à fait maîtrisée, Alex Nevsky, qui a retrouvé la personnalité qu’il avait perdue lors des demi-finales et Bernard Adamus, qui a été Bernard Adamus.
Parlant d’Adamus, il a gagné le concours. Monogrenade et Nevsky se sont partagés une foule de plus petits prix, Caloon Saloon a gagné le prix de la meilleure performance et Jesuslesfilles a été repêché pour un festival de musique émergente. Il y a là-dedans une pléiade de choses qui nous échappent. On vous l’a dit: on comprend rien aux concours.
Alors plutôt que de se morfondre encore une fois, pour cette édition des Francouvertes, nous avons décidé de remettre nos propres prix: les FrancoTigres ! Prière de noter qu’on tentera le plus possible de se tenir loin des domaines déjà récompensés par les Francouvertes, (meilleure chanson, meilleure performance, etc.) à l’exception, bien entendu, du premier prix. Sans plus tarder, déroulons le tapis rouge !
Prix “Découverte/RAWR MY GOD BBQ!”
Et quelle meilleure façon de commencer que d’attribuer la plus haute distinction ? Ici, on ne vous fera pas languir comme dans les galas et nous n’aurons donc pas, non plus, plusieurs heures de blagues plates par Les Grandes Gueules.
Le prix Découverte/RAWR MY GOD BBQ! est attribué au groupe ou à l’artiste ayant le plus jeté le Tigre sur le cul, s’imposant comme la marque à battre dans le concours.
LAURÉAT: Violett Pi
Pas de surprise ici pour quiconque a déjà lu nos critiques des Francouvertes; nous sommes tombés sous le charme de Karl Gagnon et de sa musique éclatée. Ses deux performances endiablées ont mis à mal la présence scénique de pas mal tous les autres participants cette année. Ça serait déjà bien, mais en plus, il fait une musique moderne, variée et inventive, qui n’arrête pas d’évoluer. À preuve, après l’avoir vu en spectacle, il devient difficile d’écouter son MySpace ou les autres enregistrements de ses chansons, tant les versions qu’il a présentées au Lion D’Or étaient supérieures et différentes. On va le surveiller de très près et prier pour d’autres spectacles dans notre coin assez bientôt.
Mentions honorables
- Monogrenade
- Des débuts plus calmes de leurs prestations, en passant par la pièce M’en Aller, qui sert de crescendo, jusqu’au répertoire plus aride et bruyant de la formation, il y a une limpidité et un focus étonnant. Même chose dans les textes, qui ne jurent jamais avec la musique ou avec la voix du chanteur. Ça donne des compositions solides et un moment de bonheur sur scène.
- Alex Nevsky
- C’est en les combinant avec son immense charisme qu’Alex Nevsky réussit à faire passer tous les clichés qu’il utilise. Son humour étrange, souvent malhabile, le met dans une catégorie à part. Du rock à la pop en passant par les monologues sur fond de piano, c’est un artiste qui a pleinement mérité sa place en finales.
- Philémon Chante
- Philémon Chante joue avec la fragilité, avec des textes toujours à la limite de chavirer et des mélodies épurées. Timide sur scène, mais toujours chaleureux et sincère, il se donne tout entier à ceux qui l’écoutent, ce qui rend ses compositions encore plus touchantes. Pour les Francouvertes, il nous a montré tant sa tristesse que sa détermination, tant une certaine colère qu’un humour un peu racoleur. Il sait écrire et il sait chanter, il est chansonnier au sens le plus noble du terme, et ça fait du bien de voir ça.
- Mono/Stéréo
- Deux gars qui nous refont ce que les White Stripes ont raffiné et popularisé depuis les dernières années, ça pourrait passer pour un peu casse-cou. Mais c’est sans compter sur l’intensité de la performance et la lourdeur des compositions de Mono/Stéréo. Des textes en dents de scie et des structures un peu déficientes n’auront pas suffit à venir à bout de leur talent.
- Bernard Adamus
- Pas vraiment une découverte et pas vraiment besoin de dire pourquoi il est sur cette liste. Mais ça n’est pas parce qu’on lui a préféré Violett Pi, ou qu’on a trouvé que d’autres artistes moins connus que lui ont su jouer dans les mêmes ligues, qu’on ne soulignera pas son talent, son excellence. Voilà, c’est fait.
Prix “Espoir du Tigre”
Le prix Espoir Du Tigre est attribué au groupe ou à l’artiste que le Tigre n’aurait pas nécessairement vu aller en finale, mais qu’il va suivre très attentivement quand même.
LAURÉAT: Karma Atchykah et The Consequences
Du hip-hop aux Francous ? Certainement ! Surtout quand c’est joué par un groupe de soul sur-dimensionné et quand le flow est bon. On a noté des textes à travailler, des références un peu douteuses (Frais, Libre, Québécois, c’est bien, mais quand ça fait FLQ, ça l’est moins) et quelques musiciens un peu chétifs. Mais passant à la lime toutes ces imperfections, il y aurait au Québec un nouvel ambassadeur ambitieux du hip-hop francophone. Ça se prend toujours bien.
Mentions honorables
- Bujo
- Avec son électro-rock plus rock qu’électro, Bujo a tapé dans un filon peu exploité traditionnellement dans ce vénérable concours. Or, ça sonne un peu vieillot et les textes sont souvent malhabiles, ce qui est très dommage à priori, puisque sur scène, Bujo est une véritable bête. Une prestation électrisante qui lui ouvrira sans doute d’autres portes alors qu’il continuera à peaufiner son art.
- L’Ours
- Il y a des choses dans la vie qui méritent d’être faites. Il y a du courage qu’il faut souligner. À ce compte-là, oui, vive l’Ours. Leur première prestation à vie a eu lieu sur la scène du Lion D’or, sous les yeux des critiques et du public, avec rien de moins que des timbales, un décor, un quatuor à cordes et des textes dont la poésie clinquante pouvait se réclamer du 18e siècle. Sauf qu’il y avait trop de timbale, que Monogrenade a su faire plus avec son unique violoncelliste que l’Ours avec tout son quatuor, et qu’un décor aux Francouvertes, c’est peut-être un brin too much. La déclamation théâtrale qui venait avec les textes, était peut-être inutilement pompeuse. Mais l’Ours est une bête qui écoute alors, sait-on jamais, peut-être aurons-nous la superbe surprise d’un jour les encenser sans réserves. On le souhaite, en tout cas.
- Tire Le Coyote
- Une belle instrumentation, de bons musiciens et une prestation haut-de-gamme; qu’est-ce qui s’est mal passé ? Le talon d’Achille de Tire Le Coyote, c’est la banalité du matériel. Alors que l’Ours fait une overdose de poésie abstraite et complexe, Tire Le Coyote va à l’autre extrême du registre, avec des textes actuels et concrets qui empêchent le tout de décoller. La musique présente les mêmes symptômes, allant se perdre dans des lieux communs par refus d’explorer sa différence. Mais il y a du bon monde là et on ne peut que souhaiter qu’un jour, ils puissent enfin trouver la musique qui va avec leur niveau de jeu.
Prix “Combat pour l’humilité”
Le prix Combat Pour l’Humilité est attribué au groupe ou à l’artiste qui a non seulement compris que Les Francouvertes sont un concours (où on va pour être, genre, jugé) et non une thérapie pour se remonter l’égo, mais qui a aussi fait de cet apprentissage une profession de foi.
LAURÉAT: Bernard Adamus
Sans la salle pleine de fans bruyants, une personne n’ayant jamais entendu parler de Bernard Adamus n’aurait jamais pu avoir même un doute sur sa notoriété. Affable entre les chansons, concentré et contenu pendant, il aurait pu utiliser la foule à son avantage ou jouer aux vedettes. D’autres artistes l’ont fait pour l’autobus de matantes, mononcs, cousins et cousines qu’ils avaient fait débarquer au Lion D’or. Mais Adamus ? Oh non, il a été un véritable gentleman. Peut-être qu’il devrait coacher les candidats des prochaines éditions dans l’art de se comporter sur la scène d’un concours.
Mention honorable
- Shampouing
- “Shampouing est présentement l’un des artistes les plus originaux de sa génération au Québec.” Ainsi s’amorce la bio douloureusement prétentieuse de cet virtuose de la guitare, bio qu’on pouvait retrouver dans le programme des Francouvertes. Honnêtement, allez la lire, ça vaut le détour. En voyant Shampouing en spectacle, on a vite compris qu’il n’avait probablement pas écrit la moindre ligne du texte, tant il était accessible, rieur et terre-à-terre. Petit conseil aux artistes: assurez-vous donc que votre biographie vous ressemble avant de soumettre un dossier dans un concours.
- “Shampouing est présentement l’un des artistes les plus originaux de sa génération au Québec.” Ainsi s’amorce la bio douloureusement prétentieuse de cet virtuose de la guitare, bio qu’on pouvait retrouver dans le programme des Francouvertes. Honnêtement, allez la lire, ça vaut le détour. En voyant Shampouing en spectacle, on a vite compris qu’il n’avait probablement pas écrit la moindre ligne du texte, tant il était accessible, rieur et terre-à-terre. Petit conseil aux artistes: assurez-vous donc que votre biographie vous ressemble avant de soumettre un dossier dans un concours.
Prix “Lourdeur dans l’âme”
Le prix Lourdeur Dans l’Âme est attribué au groupe ou à l’artiste dont les textes touchants nous auront poussé soit au bord des larmes, ou encore directement dedans.
LAURÉAT: Philémon Chante
On a fait plusieurs blagues sur le compte des textes du chansonnier par excellence des quatorzièmes Francouvertes. Or, il faut rendre à César ce qui revient à César: si on s’est sentis si mal que ça, c’est forcément que ça marche. J’ai braillé, moi, l’Oreille Droite, qui ai longtemps cru ces derniers temps que mon canal lacrymal était en panne. J’ai même pas braillé quand mon ex m’a sacré là via Facebook (Facebook, hostie). C’est vous dire à quel point la petite larme qui est sortie m’a surpris. Je me suis assuré que personne ne puisse la voir et je me suis donc sauvé une visite chez le médecin.
Mention honorable
- Domaine Alary
- Parler du suicide de son père, du cancer de sa mère et des aléas de la vie en général, c’est toute une commande. L’exécution dans les textes de Domaine Alary favorisait souvent l’approche littéraire à l’approche chansonnière, ce qui a donné des résultats mitigés, mais on doit quand même admirer le courage d’une telle mise à nu.
- Parler du suicide de son père, du cancer de sa mère et des aléas de la vie en général, c’est toute une commande. L’exécution dans les textes de Domaine Alary favorisait souvent l’approche littéraire à l’approche chansonnière, ce qui a donné des résultats mitigés, mais on doit quand même admirer le courage d’une telle mise à nu.
Prix “Meilleurs pixels dans le programme”
Le prix Meilleurs Pixels Dans Le Programme est attribué au groupe ou à l’artiste dont la photo du programme a le plus retenu notre attention.
LAURÉAT: Turbo Distortion
Wow. Vraiment. On sait pas si on aime ça pour les bonnes ou les mauvaises raisons, mais on aime ça.
YEEEEEEEEHAH ! WILD, BABY, WILD !
Mention honorable
Shampouing
Il n’y avait pas que la bio de Shampouing qui était exubérante. Mais la photo elle, au moins, se défend bien. Nathalie Petrowsky serait fière.
Shampouing, figure iconique du rock chrétien.
Prix “Le silence n’est pas vraiment d’or”
Le prix Le silence n’est pas vraiment d’or est attribué au groupe ou à l’artiste qui est le plus regrettablement passé dans le beurre.
LAURÉAT: Dominic Avec Un C
On l’aimait depuis bien avant qu’il ne participe aux Francouvertes. On l’aime encore plus maintenant qu’on l’a vu en spectacle. Malheureusement, il semble qu’on soit un peu tout seuls. C’est pourtant un pop-rock audacieux et raffiné que Dominic Avec Un C a présenté aux Francouvertes. Mais au bout du compte, même nous, qui l’aimons tant, avons un peu fini par oublier qu’il a participé au concours. Dommage.
Mentions honorables
- Mono/Stéréo
- On a déjà louangé leur performance plus haut, inutile donc d’en rajouter. Mais c’est un peu estomaquant de constater à quel point la presse a fait peu de bruit du beaucoup de bruit que Mono/Stéréo a fait au Lion D’Or. Ils seront en spectacle au Quai Des Brumes le 30 mai. Allez voir de quoi ils se chauffent: vous comprendrez. Oh, et L’oreille y sera représentée.
- Turbo Distortion
- Outre de belles photos avec des bottes de foin, Turbo Distortion c’est aussi un rock d’aréna en québécois qui déménage pas mal d’air. Je veux bien comprendre qu’ils n’avaient pas l’allure de la moyenne des groupes des Francouvertes, mais c’est pas une raison pour refuser d’avoir du plaisir devant une bonne performance popcorn de musique popcorn. Si ils font une première partie de quelque chose qu’on va voir, c’est sûr qu’on s’arrange pour pas les manquer.
Prix “Ça me dit quelque chose…”
Le prix Ça me dit quelque chose est attribué au groupe ou à l’artiste qui a le plus regrettablement repris une chanson de quelqu’un d’assez connu, volontairement ou involontairement.
LAURÉAT: Philémon Chante
Philémon chante une chanson dans laquelle il dit quelque chose du genre de “T’aurais pu avoir un beau bébé en or mais [quelque chose quelque chose]“. Je sais, c’est vague, mais on a plus nos feuilles de textes avec nous. Bref, ce qu’on veut vraiment te dire, Philémon, c’est que cette chanson-là ressemble beaucoup (trop?) à ceci:
Prix “Euh fuck, c’est pas ça que je voulais dire, man”
Le prix Euh fuck, c’est pas ça que je voulais dire, man est attribué au groupe ou à l’artiste qui a dit la chose la plus impensable, volontairement ou involontairement. C’est un ode à ce ridicule qui, Dieu merci, ne tue pas.
LAURÉAT: Jean-Robert Bisaillon
David Marin était porte-parole des Francouvertes cette année, aux côtés de Karkwa. Si vous avez dit “David qui?”, sachez que vous n’aurez pas offusqué le principal intéressé qui a su habilement se moquer de son manque de reconnaissance publique sur scène, lors de la finale du concours au Club Soda. Tout ça, c’est bien beau, mais le tout a pris une drôle de tournure quand Jean-Robert Bisaillon, président des Francouvertes, est monté sur scène en disant “Bravo David, on te souhaite un deuxième album.”. Le genre de choses qu’on ne serait pas supposé être obligé de dire à un gars qui vient de jouer quatre chansons avec Karkwa. Malaise.

Prix “Goldman Sachs”
Le prix Goldman Sachs est attribué à l’élément ou à l’être humain le plus désagréable/irritant du concours.
LAURÉAT: Le site web des Francouvertes
Navigation non-référencée, bouton de fermeture de section tellement stylisés qu’on a passé la moitié du concours à ne même pas savoir qu’il s’agissait de boutons, lecteurs MP3 qui partent à jouer tout seuls et qui ne sont pas dotés de boutons Pause/Play/Stop identifiés tel quel, fiches d’artistes impossible à lier en hyperlien sans jouer dans le code, extraits non-téléchargeables… j’en oublie. Quelle horreur. Vil site web. Vilaine chose. Du PHP custom pour une chose aussi simple, c’est révoltant. Au moins, le reste de la présence web du concours était exempt de tout reproche.

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Francouvertes 2010: Deuxième demi-finale
by L'oreille Droite on Apr.14, 2010, under Actualités
Nous avions prédit que la deuxième soirée de demi-finales des Francouvertes pourrait fort bien être celle à laquelle il FALLAIT assister. Monogrenade et Violett Pi ont donné tout ce qu’ils avaient pour faire de nous les porte-étendards de la vérité.
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Louis-Philippe Robillard
L’envie est grande de simplement vous référer à notre première critique de L-P Robillard et son groupe. Mais ce serait un peu injuste. Le groupe était un peu plus posé cette fois-ci, et il montrait un peu plus de profondeur.
Il restait cependant un excès de théâtralité dans les présentations, un son souvent daté et une violoniste épouvantablement effacée, surtout comparée au visage spasmodique du batteur.
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Monogrenade
C’est avec pas mal plus d’assurance que la dernière fois que Monogrenade a commencé son numéro de demi-finales. On a passé un super beau moment, oui, mais pas sans quelques accrochages. La magnifique Le pantin, par exemple, était enterrée sous le loop de voix.
Mais ce sont là des réserves bien mineures. La musique était bonne et la prestation était un si bon crescendo qu’en fin de parcours, on se demandait presque pourquoi on nous avait fait “perdre notre temps” avec les pièces calmes du début. Car c’est quand ils explorent le bruit qu’ils sont à leur meilleur. C’est aussi là qu’on a le moins l’impression d’écouter un groupe qui s’appellerait, genre, RadioKarkWatson.
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Violett Pi
Le fou furieux magnifique a réussi une deuxième fois à nous mettre vraiment, mais vraiment, sur le cul. S’il n’en tenait qu’à nous, nous donnerions déjà le grand prix à cette bombe nucléaire sur deux pattes. Encore une fois, il n’y avait aucun moyen de savoir ce qui nous attendait au détour de chaque couplet, de chaque chanson.
C’est que, voyez-vous, Violett Pi maîtrise la scène. Il la domine. Chaque regard, chaque sourire, chaque mouvement sert un but précis et il ne rate jamais sa cible. Pas de fausses notes, non plus, au travers de sa performance pourtant ambitieuse, où il susurre tout juste une seconde avant de hurler comme un maniaque.
Quand la musique est là, on est pris de spasmes. Quand elle s’arrête, on attend le prochain éclat de rire. Il n’y a pas de pause, pas de temps mort, et chaque chanson porte un univers et un son distincts. Violett Pi est exigeant envers son public, mais il le lui rend bien, en étant aussi exigeant envers lui-même.
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Demain: L’OURS | PHILÉMON CHANTE | ALEX NEVSKY
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Francouvertes 2010 : soirée #6
by L'oreille Droite on Mar.16, 2010, under Actualités
C’était la soirée des poètes fous au Lion d’or. Des poètes fous et des gens peu habitués à aller voir des spectacles. Un petit cue qui les aidera lors de leurs prochaines soirées : si vous devez parler plus fort parce que quelqu’un joue de la musique, c’est un indice que le spectacle est commencé.
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Max Ricard
Max Ricard propose un mélange de psychédélisme et de chansonniers québécois de la fin des années 70, additionné de Daniel Boucher et d’un trip poétique parfois trop intense. Les chansons souffrent de structures déficientes et d’un chanteur qui s’emballe un peu.
***
Violett Pi
Arrivé sur scène l’air lunatique, absent, Violett Pi avait l’air de flotter loin, loin du Lion D’Or. Jusqu’à ce qu’il s’écrase bruyamment sur scène.
Oscillant entre la pop, le hip-hop abstrait et le rock fou, le rouquin étrange qu’est Violett Pi a été la révélation de la soirée, la meilleure performance depuis le début de cette édition des Francouvertes. Un talent franc, brut et, surtout, sans compromis. En l’absence de demi-mesures, on se retrouvait dans un monde de folie où il n’y avait pas deux chansons pareilles, pas de textes prévisibles, pas de marche à suivre. Entre une guitare dévastatrice, un cri de mort et un murmure, de délicats collages électroniques finement érigés venaient rehausser la valeur musicale de l’ensemble.
Puis, il y a le personnage lui-même. Le mec est un pantin: ses articulations bougent à des angles de 45 et 90 degrés seulement. Il saute, il n’a aucune cohérence entre les chansons (ou si peu) et, surtout, il n’a pas peur d’exhiber sa folie. Et c’est ça, la sauce qui lie tout : personne n’a le temps de se demander ce qui vient de se passer parce qu’il y’a toujours une autre bombe qui s’en vient. Au bout du programme, on est un peu essoufflé, un peu perdu, mais très très satisfait.
Chapeau. Et oui oui, on était contents !
***
Bernard Adamus

Même s’il respecte toutes les règles du concours, ça ne faisait pas l’affaire de tous que Bernard Adamus fasse les Francouvertes. Quoi ? Une si grosse vedette dans un concours de découverte ? Hérésie ! (*)
Adamus avait donc une grosse foule derrière lui. Et qu’a-t-il fait ? Ce qu’il devait faire : il n’a pas joué à la rock star. Il n’a pas pris l’allure du gars qui le sait qu’il va gagner, faisant comme si les deux autres groupes avaient été sa première partie. Pourtant, on a vu des groupes n’ayant trainé dans le Lion d’or que papa, maman et 15 cousins-cousines le faire. C’est une sobriété qui est tout à son honneur.
Difficile alors de vouloir autre chose que de le voir passer à l’étape suivante, sans aucune rancœur ou regret. Après tout, Adamus et son groupe font de la très bonne musique. Adamus écrit des chansons nettement au-dessus de la moyenne et il n’y a aucune règle contre le talent aux Francouvertes.
(*)En voyant la foule qui est venue pour lui, il a fallu se rendre à l’évidence : si les musiciens pas connus étaient plus connus, il y aurait plus de monde aux spectacles de musique émergente. Ou quelque chose comme ça.
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Lundi prochain aux Francouvertes : Bujo | Alex Nevsky | Micros Armés
Popularity: 15% [?]
Francouvertes 2010 : soirée #4
by L'oreille Gauche on Mar.02, 2010, under Actualités
Décidément, ça s’améliore chaque semaine aux Francouvertes !
***
Philémon Chante

Une timidité excessive sur scène, des mélodies un peu simplettes, des musiciens presque invisibles: toutes les conditions d’un échec semblaient être réunies. Et pourtant, Philémon Chante peut sortir du Lion D’Or la tête haute tant ses textes perçants de désespoir m’auront tordu le coeur. Des textes qui allaient main dans la main avec l’orchestration folk minimaliste choisie ce soir là, pour les mettre en valeur.
Cependant, au petit jeu de la déprime, on peut être trop efficace. Fragile, friable, monsieur Chante se donne dans une simplicité désarçonnante, presque nu. L’effet du spleen qu’il nous garroche en est décuplé. Très bien, sauf qu’une prestation de sept chansons, c’est un peu comme une semaine: si il fait soleil de temps en temps, la pluie nous apparaît comme un moment pour être pensif. Mais quand il pleut cinq jours d’affilée, c’est pas très bon pour le moral. Surtout que la tristesse de Philémon Chante est universelle et éternelle: “s’aimer un peu pour vaincre l’automne”, pensez-y un peu et vous réaliserez qu’il reste encore l’hiver (le pire) à affronter.
Si ça se rend en demi-finale (et c’est à souhaiter), faudra revoir l’ordre des chansons, prendre un peu d’assurance et sourire ailleurs que dans les interventions entre deux pièces. Reste qu’on a bien apprécié. On est même repartis avec le disque. On pourra appuyer sur stop quand l’envie de sortir les lames de rasoir sera trop grande.
Ouf.
Photo : Émilie Bernier
Dominic Avec Un C
Avant tout, il faut vous dire ceci :
Frédéric Malouin, l’oreille droite, s’occupe de la promotion web de Dominic avec un C. La critique est donc écrite par l’oreille gauche, Mathieu Charlebois. Mais encore, le bassiste de Do avec un C, c’est le meilleur ami de Mathieu. Reste que bien avant que tout le monde commence à s’encanailler avec tout le monde, L’oreille du tigre criait déjà son affection pour Dominic avec un C.
Faque pis, qu’est-ce qu’on a pensé de son passage aux Francouvertes ? Tout d’abord qu’il a eu la présence scénique la plus agréable depuis le début du concours. Côté musique, les arrangements étaient remarquablement diversifiés. On passait d’un pop bien assumé à de l’électronique mélangé à de l’accordéon, en passant par du rock rappelant Karkwa. Les musiciens bien rodés ont su donner du corps à des chansons qui laissent voir, déjà, une belle maturité.
Il devrait cependant faire attention à sa voix. Son timbre particulier sonne comme un effet un peu ridicule quand la voix n’est pas suffisamment poussée. Bien maîtrisée, celle-ci peut être particulièrement touchante, mais il aura fallu trois chansons complètes pour arriver au bon équilibre.
Aussi, un point en moins pour la moustache. Ça, pas sûr.
Pour lire des critiques qui ont vu Dominic avec un C sans a priori, passez chez Franco-phil et chez Philippe Renault.
Louis-Philippe Robillard
Groovy, bien joué, mais tristement pas original. Vous avez déjà entendu ce groupe, en mieux, sous les noms de Mes aieux, Les colocs, Mano Solo et bien d’autres. Il n’y a pas grand chose à en dire, sinon que les textes mériteraient d’être resserrés. Le groupe, surtout le chanteur et le batteur, a une belle présence sur scène, mais ce n’est pas assez.
C’est mieux que bien des choses, mais moins intéressant que bien d’autres.
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Lundi prochain aux Francouvertes : Domaine Alary | Caloon Saloon | Michèle O.
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Francouvertes 2010: Soirée #3
by L'oreille Droite on Feb.23, 2010, under Actualités
Pour la troisième soirée des Francouvertes, les organisateurs du concours ont mis ensemble tous les groupes qu’ils ne savaient plus où placer. Compte rendu d’une étrange soirée.
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![3666953818_85e19423b8[1]](http://www.loreilledutigre.com/wp-content/uploads/2010/02/3666953818_85e19423b81-300x289.jpg)
Karma Atchykah et The Consequences
Faire du hip-hop aux Francouvertes, c’est toujours un peu casse-cou. À moins d’être un MC avec une aura qui transperce les murs, on risque de paraître un peu fade à côté de certains rockeurs.
Alors quand The Consequences, le groupe live (batterie, basse, guitare, clavier, DJ + 3 choristes) sont montés sur scène avant Karma Atchykah lui-même, beaucoup de pression est retombée. La musique aux accents soul était bonne, les enchaînements surprenants. Il y avait là un superbe effort à souligner, même si le bassiste n’était pas toujours à la hauteur. On envoie une carte de félicitations au batteur, qui a fourni des bases très solides au band, et une autre au choriste mâle, qui semble doté d’un bel organe vocal.
Mais même si Karma Atchykah est un très bon MC, son passage sur les planches a été parsemé de moments inconfortables, notamment au niveau de l’interaction avec la foule.
Note aux participants des Francouvertes : solliciter la participation du public, c’est risqué. Quand on ne te connait que depuis deux chansons, il faut faire attention avec la familiarité. On fait son numéro, on se donne à fond et on laisse le public juger.
Côté textes aussi, ça se corse. “Entouré comme 50 Cents et ses gardes du corps” ? Monsieur Atchykah, vous valez mieux qu’un gangster de pacotille. “Frais. Libre. Québécois.” (FLQ ?) Une déclaration d’amour au Québec, ça se mélange peut-être plus ou moins bien avec l’un des moments les moins glorieux de son nationalisme.
Néanmoins, la “vibe” était bonne, et ça sentait la sincérité à plein nez. Et ça, c’est toujours bon.
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Mono/Stéréo
La révélation de la soirée fût Mono/Stéréo. Des textes inégaux, des mélodies dont la sauce a peut-être été un peu trop étirée, mais Nom de Zeus, quelle charge !
Duo guitare-batterie, Mono/Stéréo ne fait pas dans la dentelle. Leur rock teinté de blues écorche et sonne comme une tonne de brique. Ces excellents musiciens ont su donner à chaque chanson une couleur différente.
Le problème réside au coeur des chansons elles-même. Des structures chancelantes, des portions trop longues, des chansons sans finale: on aura entendu de tout.
Mais sur scène, la magie opère. L’énergie sauve la mise et fait hocher les gens de la tête en moins de deux. On pardonne donc, du même souffle, la prononciation difficile du chanteur, qui a hurlé sa douleur et sa colère avec assez d’intonations et de conviction pour que les textes, franchement pas la force du duo, soient relégués au statut de courroie de transmission pour le son des cordes vocales. Un bel échange.
On espère revivre la chose en demi-finales.
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Shampouing
Malgré une bio qui fait passer pour sobre celle de L’Ours, (voir notre critique de la deuxième soirée) (*), Shampouing nous a semblé d’une modestie à tout rompre.
Une modestie d’autant plus frappante que le monsieur s’avère être un excellent guitariste, bien en maîtrise de ses six cordes. Bref, la technique est là, mais ce que Shampouing joue ne fait pas honneur à son talent de musicien.
Son rock est très 70, aux tournants surtout sombres, mais parfois lumineux. Un rock qui tombe un peu plat et qui est appuyé de textes inégaux qui vont un peu partout; que l’on parle de se torcher avec des feuilles de palmier ou de faire la guerre à coups de voltages et d’ampères, il y a toujours quelque chose qui accroche.
La musique donne dans le même sens: les solos ont nettement été les plus impressionnants et colorés qu’il nous ait été donné de voir aux Francouvertes, mais en-dehors de ça, il n’y avait rien pour vraiment retenir l’attention.
Dommage. L’énergie était là. Le talent était là. C’est un rendez-vous manqué. On le reprend n’importe quand comme guitariste pour un autre, cela dit.
(*) Si le temps nous le permet, nous ferons bientôt un petit billet à propos des choses à faire et à ne pas faire dans son texte de présentation et sur scène.
Lundi prochain aux Francouvertes : Philémon Chante | Dominic Avec Un C | Louis-Phillipe Robillard
Popularity: 8% [?]
Francouvertes 2010: Soirée #1
by L'oreille Droite on Feb.09, 2010, under Actualités
Après quelques semaines d’hibernation, l’ours de l’oreille du tigre sort de sa tanière pour vous commenter ce qu’il a vu à la première soirée des Francouvertes. Au menu : Jesuslesfilles, Turbo Distortion et Meta Gruau.
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Jesuslesfilles
L’oreille du tigre n’aime pas parler trop longtemps de ce qui n’en vaut pas la peine. Mal écrite, mal conçue mais passablement bien jouée, la musique de Jesuslesfilles est pleine de crescendos qui vont nulle part, de bridges trop longs, et de paroles aussi inaudibles sur scène qu’en studio, qui vous laisseront perplexe. C’est tout. (Agence Oreille-Tigre)
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Turbo Distortion
Mettons la table, comme ils diraient aux Francous: si vous allez à un concert de Turbo Distortion en espérant entendre les prochains Karkwa, vous risquez d’être déçu. Si, par contre, Ariel se cherchait une première partie compétente, à laquelle il manque cruellement de personnalité, mais qui fait montre d’une bonne drive, là, oui, ok, Turbo Distortion serait tout désigné.
On a une théorie, à l’Oreille: les gars n’ont pas répété le show hier. C’est sûr qu’ils écoutaient le Superbowl. Et quand y’a du hockey, ils l’écoutent aussi. Pis quand la bière est pas chère ? Bin quin ! C’est leur genre. Mais le plus beau, c’est que tout ça leur va comme un gant.
Outre les textes parfois pénibles, leur musique est solide dans le genre, leur énergie sur scène est contagieuse et ils maîtrisent assez bien leurs instruments pour pouvoir écouter le Superbowl, sans craintes de se planter aux Francouvertes le lendemain.
On a vraiment passé un bon moment. Chapeau ! (Oreille droite)
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Meta Gruau
Du plaisir franc de Turbo Distortion, on est passé à l’énergie cérébrale du trio Méta Gruau. On pourrait penser au son de Band de garage qui se prendrait un peu trop au sérieux, le nez dans son nombril. On peut aussi penser un peu à Malajube, de qui ils sont des cousins éloignés, via des liens avec Thomas Augustin.
Ce sont de bons musiciens, qui font les choses bien droites et avec énergie. Cependant, le batteur chantant, le guitariste et la claviériste ont, à trois, le charisme d’un et demi. Le groupe manquait-il plus de charisme ou de plaisir à être sur scène ? Dur à dire.
Des textes, dont l’intégralité tenait sur deux pages, on retient un équilibre entre de la vraie poésie et un remplissage qui fait très bien le travail.
Il y a du talent mal utilisé dans ce groupe. C’est dommage. (Oreille gauche)
***
Lundi prochain aux Francouvertes : Tire le coyote | L’Ours | Monogrenade
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Francouvertes 2009 : Ariel à la charge
by L'oreille Gauche on Apr.28, 2009, under Actualités
Ariel n’a rien réinventé musicalement, mais il a livré son rock avec un aplomb et un professionalisme dont devrait s’inspirer plusieurs musiciens d’ici. Leurs chansons “dans les dents” méritaient amplement de gagner. Quand on allie de bonnes chansons et un plaisir de jouer évident, on tient une formule gagnante.
Ouvrir la soirée finale des Francouvertes était une dure commande pour Francis d’Octobre. La formule trio et les chansons de d’Octobre fonctionnaient mieux dans le cadre plus intime du Lion d’Or. Dans l’espace du Club Soda, les changements de rythme et les jeux d’intensité y perdait, surtout devant un public que l’on pourrait qualifier de “tiède”. N’empêche, c’est un artiste à suivre.
Une tièdeur qui s’est transformée à l’arrivée de Mad’moizèle Giraf, le groupe que plusieurs attendait. Avec de si bons musiciens derrière eux, normal que ça lève. Mais de bons musiciens et beaucoup d’amis, ça ne vous dispense pas d’écrire des textes qui se tiennent.
Un reggae sur le fait que t’as pas le goût de travailler ? Les filles de Montréal sont belles ? Le monde du centre-ville est stressé ? Dites-moi quelque chose que je n’ai pas entendu dans 48 chansons avant ! Ça ne devrait pas être permis de gagner un concours de musique francophone en racontant des choses aussi insipides. Une deuxième place ? Je peux aisément vivre avec.
Bilan de la 13e édition des Francouvertes ? Vraiment pas pire, pour une édition au chiffre malchanceux.
(Mention spéciale à la machine à boucane qui a semblé ne pas fonctionner de la soirée, sauf pour Ariel.)
Photo : Ariel – Lion d’Or, le 9 avril 2009 (©Michel Pinault)
D’autres compte-rendus avec plus d’infos et moins d’opinions :
- La Presse
- Le Devoir
- Le blogue de Franco-Phil
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Francouvertes, soirée #8 (dernière des préliminaires)
by L'oreille Gauche on Mar.24, 2009, under Actualités
Par, dans l’ordre, l’Oreillette, l’Oreille gauche et l’Oreille droite.
Ben & Mimi
Ben et Mimi est un duo de l’ouest canadien (Alberta et Manitoba). Si le spectacle a mis deux pièces avant de décoller, les deux musiciens ont vite su accrocher le public par leurs histoires charmantes et drolatiques. Leur complicité sur scène y est certainement pour quelque chose.
Ils ont su prouver que la tuque qu’ils arborent tous deux et la théâtralité de leurs expressions, qui m’avait d’abord agacée, est justifiée. Le personnage de scène de chacun d’eux, simple et coquet, va de pair avec leur style country-bonbon pleinement assumé.
Le duo a bien su marier la guitare acoustique (jouée par Mimi) et la guitare électrique (brillamment tenue par Ben) avec justesse. Mimi épate par son talent de chanteuse. Tantôt apaisante, tantôt entraînante, sa voix était juste et particulièrement claire.
Ce qui a certainement rendu le duo très sympathique aux yeux de tous, ce sont les interludes garnis d’histoires loufoques. Ben est particulièrement drôle et, en compagnie de sa récente complice, il donne un spectacle qu’on écoute et qu’on regarde avec beaucoup d’amusement. Pas étonnant qu’ils se soient taillé une place dans le palmarès finale (en 6e place).
Faire du vieux sans sonner passéiste, c’est pas toujours facile. Surtout en country, où les chemins ne sont pas nombreux et ont été explorés souvent. Mais la musique qui vient du coeur, comme celle de Chantal Archambault, ça ne se démode pas.
Imaginez la façon de chanter de Mara Tremblay, première époque, mais remplacez les textes naïfs par de solides petits morceaux de poésie bien terre à terre. Le yodle qui orne le chant de Chantal Archambault est de ces choses qui vous arrachent le coeur… ou vous crèvent les tympans. Si Fred, l’Oreille droite, n’en pouvait plus, l’Oreille gauche que je suis était conquis.
Elle chantait avec l’assurance des chanteuses country qui se vident le coeur avant d’aller labourer un champ de patate à mains nues . Solidement, avec aplomb, armée de ses chansons et le genou légèrement fléchi, elle était… oserais-je le dire ? saprement sexy.
Ses musiciens étaient aussi discrets qu’efficace et je lui donne un point supplémentaire pour la qualité de son “pacing”.
Quoi ? Elle n’a pas fait le palmarès final ? Tant pis pour les Francouvertes ! Le concours se prive d’un talent solide qui saura, je l’espère, se faire voir et entendre ailleurs. À écouter : Le collage, sur son Myspace.
Photo : Facebook
Les Swompards De l’Est
Après quatre candidatures couronnées d’insuccès, Les Swompards De l’Est sont enfin montés sur une scène des Francouvertes, bien après que l’on aie parlé d’eux un peu partout. S’ils restent toujours francophone, pour ce qui est du côté découverte, on repassera.
C’est peut-être ce qu’il y a de plus surprenant; de loin le groupe avec le plus d’expérience, Les Swompards ont livré la moins bonne performance du lot. Chaque chanson proposait une chaudrée d’eau de marais différente de la précédente, certes, mais passer 5 minutes à regarder la même eau stagnante n’est pas nécessairement une expérience ragoûtante.
Mais pire que la stagnation, Les Swompards De l’Est semblent être aux prises avec un petit problème d’originalité. Tout sonnait comme quelque chose que l’on avait déjà entendu ailleurs. En fait, non seulement on l’avait déjà entendu ailleurs, mais on l’avait entendu mieux et en français.
Outre la ressemblance frappante entre Fenêtres Vers Le Sud et la chanson Et j’ai couché dans mon char de Richard Desjardins, Les Swompards De l’Est ont tordu de nombreux thèmes et de nombreuses métaphores courantes, ouvrant ainsi la porte à un top 5 des citations les plus “hein ?” des pièces qu’ils ont interprété ce soir-là.
5) “Aujourd’hui je me porte mieux / Demain je n’en sais trop rien / Bref les meilleurs conseils / C’est mon coeur qui me les a donnés.”
4) “Seul dans mes nuits / Je joue mon sort / Dans l’casino de mes espoirs / Ton silence est hors-la-loi / De l’offre et de la grande demande que voilà.”
3) “Dans une grosse automobile / Il y avait un gros monsieur / Qui avait près de sa bouche / Un gros drôle de cigare.”
2) “Tu serais-tu l’genre / À n’pas s’engager / Tu voudrais-tu / M’faire mijoter / Met-moi à high / Sans me faire brûler.”
1) “Fais c’que tu veux, mais laisse-moi vivre”
Yee-ha indeed.
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Francouvertes, Soirée #5
by L'oreille Gauche on Mar.10, 2009, under Actualités
Par l’Oreillette Jo-Annie Larue et L’oreille Gauche.
Ceux qui ne sont pas restés jusqu’à la fin, soit parce qu’ils venaient exclusivement pour voir le premier groupe ou parce qu’ils n’ont pu passer à travers le deuxième, devraient s’en mordre les doigts.
Les supporters de Lila dit ça manifestaient tellement leur admiration avec véhémence (et démesure), hier, qu’il fallait faire des efforts supplémentaires pour écouter le groupe.
La formation électro-rock aux influences 60’s se cherche encore. Premièrement, les textes frôlent l’absurde sans jamais y plonger complètement. Si le ridicule des paroles avait été poussé un peu plus, on ne se serait pas constamment demandé si le groupe chante n’importe quoi.
Deuxièmement, leur présence sur scène n’était aucunement communicative. Peut-être est-ce dû au fait que seulement deux des gars du groupe assumait à moitié un léger costume de soldat de plomb. N’est pas Coldplay qui veut…
Troisièment, l’originalité du son du clavier est intéressante, mais encore là, elle fricotait avec le psychédélisme sans jamais y entrer pour vrai. C’est dommage qu’il y ait eu autant d’amorces jamais abouties.
Somme toute, Lila dit ça n’était pas aussi prévisible que je prévoyais. Le groupe a su me surprendre avec quelques sorties de sentiers sur le plan musical et m’émouvoir avec la phrase «Et je pisse du sirop d’érable dans le froid et la solitude».
L’articulation du chanteur est bonne, la voix est juste, les musiciens sont corrects mais… le tout est bien ordinaire. Quelques variations dans les arrangements et dans l’intensité nous aurait aidé à différencier les pièces l’une de l’autre et ça aurait fait du bien.
Autre problème : le guitariste a mis son volume si fort qu’il était impossible pour le sonorisateur de monter celui du clavier (nos tympans auraient explosés). Si bien que lorsque je me suis tourné vers mon voisin pour dire “On n’entend pas le claviériste”, il m’a simplement répondu “Hein ? Quel claviériste ?”.
Trop fort, trop tout le temps pareil, trop sérieux… Pour des paroles et une musicalité ordinaires, le gros son qui résonnait dans nos oreilles hier ne venait juste rien soutenir.
(Photo : Guillaume Mérineau)
Mais les deux premiers groupes n’étaient que les coups de bâton donnés à l’arrière de la scène avant la pièce de théâtre. TAC. TAC. TAC. Rideau.
Dès que l’auteur-compositeur-interprète est arrivé sur la scène, le Lion d’or s’est allumé. Ariel Coulombe a non seulement une présence de feu, mais il est soutenu par d’excellents musiciens.
Ariel, c’est du bon powerpop bien rock. Le gars est une véritable génératrice et le spectacle est rendu avec un professionnalisme désarçonnant. La musique est osée et surprenante, et les jolis textes échappent habillement à la facilité.
Le personnage a gagné la foule dès le premier déhanchement de micro. Je comparerais la présence sur scène, l’inventivité surprenante d’Ariel et sa fraîcheur à celle du jeune Jean Leloup. En beaucoup plus rock. Et en « pas désagréable ».
Une belle surprise qui aura certainement encore l’occasion d’en surprendre plus d’un, puisque leur passage en demi-finale est assuré par leur actuelle première place. La soirée de lundi prochain, avec Hôtel Morphée, Dialecte et Eden106 nous réservera-t-elle ce genre de surprise ?

Photo par Yanique Fillion Simard
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Les Francouvertes, soir #4
by L'oreille Gauche on Mar.04, 2009, under Actualités
Jo-Annie Larue, l’Oreillette du tigre, nous offre sa critique de la 4e soirée des Francouvertes. Les photos sont de Joseph Elfassi, la Rétine du tigre.


Simon Leduc
Avec sa gueule de charmeur et son sourire à faire craquer un barrage électrique, c’est plutôt décevant que Simon Leduc ne soit que «joli».
Le chanteur a une facilité et un plaisir fou à jouer avec la langue, voltigeant d’un mot d’esprit à l’autre, tortillant et questionnant le sens des expressions courantes. Bien que ses images soient séduisantes et attachantes, les textes souffrent d’un manque de diversité. Les fans de son groupe punk La descente du coude retrouveront les thèmes abordés sur leur dernier album Coup de foudre, mais une musicalité plus pauvre.
Malgré une légèreté attendrissante dans la musique, presque toutes les pièces entendues hier avaient besoin d’un «hook» qui n’est jamais venu.

Francis D’OcTOBRE – http://www.myspace.com/francisdoctobre
Francis est indéniablement ma descente en crazy carpet de la soirée. Frais, excitant et enivrant.
Il s’approprie et habite chaudement la scène. Son expérience et ses multiples collaborations (Alfa Rococo, Catherine Major, Les Tireux d’Roches, Ève Cournoyer et Louise Forestier) y sont certainement pour quelque chose.
La mélancolie semble être le moteur de l’œuvre de l’auteur-compositeur-interprète. Heureusement, elle ne se traduit pas par un sentiment lourd et désagréable de mal être.
Les pièces de FRANcIS D’OcTOBRE donne plutôt l’impression d’être toujours sur cette feuille d’automne qui quitte l’arbre pour planer à travers un temps gris, mais doux.
Musicalement, c’est loin d’être monotone ; les silences sont riches et viennent admirablement bien soutenir les nombreux moments où la tête fait instinctivement ce mouvement de l’avant à l’arrière.
Les paroles sont légères et sensibles, mais pas faciles et quétaines. J’ai été tout à fait charmée par le manque de dentelle de la musique, les textes, le personnage et le veston-pas-de-manche un peu ringard du batteur.

Martin Tamarre – http://www.myspace.com/MartinTamar
C’est un son que l’on connaît depuis des années et des paroles peu audibles qui manquent de cohérence. Les textes auraient dû être révisés depuis que l’auteur a terminé son troisième secondaire.
Son attitude peu professionnelle aurait été moins agaçante s’il n’avait pas eu le charisme d’une poignée de porte…
Il est également désolant de lire la présentation très cahoteuse remise à l’organisation des Francouvertes. Fautes d’orthographe et de syntaxe à l’appui, elle résume à merveille le grand manque de maturité de ce band de sous-sol. Nullement à sa place dans ce concours et heureusement nul part dans le palmarès.
Martin Tamarre… de lui.

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Les Francouvertes, soir #3
by L'oreille Gauche on Feb.24, 2009, under Actualités
Ho la la ! La troisième soirée de préliminaires aux Francouvertes fu une belle soirée. En compétition en ce neigeux lundi : Lac Estion, Peppertree et On a créé un monstre.
Lac Estion
Un bon groupe de bons musiciens, ça se voit rapidement. C’est propre, c’est bien fait, c’est bien joué et les chansons sont bonnes. Cependant, le groupe a de la difficulté a intégrer ses influences.
Plutôt que d’avaler Malajube, de le digérer et de le mêler avec le son Lac Estion, parce qu’il existe, les influences sont juxtaposées. Soudainement, au milieu d’une pièce, passent 16 mesures qu’on aurait dites sorties d’un disque de Malajube.
Le son qui est propre à Lac Estion, lui, n’est pas assez approfondi. Les mélodies finissent par se ressembler et le groupe surfe sur ses capacités au lieu de les repousser ses limites.
Ne vous méprenez pas : j’ai bien aimé ce que j’ai entendu. Ils sont présentement en deuxième place, et c’est bien ainsi.
Le groupe lancera bientôt un disque. J’aimerais vous dire où et quand, mais on dirait que leur Myspace a été fait par un aveugle, pour des aveugles.
Peppertree
Est-il possible de conjuguer l’abondance musicale de Malajube avec la subtilité et la propreté de Karkwa ? C’était là le pari de Peppertree. Un pari réussi bien au-delà de nos attentes, pourtant déjà grandes.
Chaque pièce était MASSIVE. Les sons s’y multipliaient jusqu’à la saturation, mais sans jamais passer à côté, sans jamais déborder. La musique se contentait de couler et les mélodies, elles, de s’écraser les unes sur les autres. Adieu l’atmosphère mi-bum, mi-réfléchie d’El Motor, adieu les ratures scéniques de Malajube; Peppertree a son propre son. C’est le son d’un torrent, d’un Patrick Watson qui essayerait de se mettre en colère, de taper un peu plus fort, mais qui n’y parviendrait pas.
Adieu aussi, et c’est un peu dommage, la prononciation bien Québécoise de Louis-Jean Cormier. Patrick Poirier chante à la française, ce que certains pourraient certainement lui reprocher de faire. Il pousse aussi sa voix dans des registres très élevés, s’écartant parfois, en spectacle du moins, de la note qu’il devrait toucher. Mais le fin mot de l’histoire, c’est que Peppertree a les textes pour se permettre ça. Des textes signés par une amie du chanteur qui me rappellent un peu la réaction que j’ai eue en entendant Pierre Lapointe chanter pour la première fois; compte-toi chanceux, mon gars.
On a créé un monstre
La seconde où ils sont arrivés sur scène, je me suis dit “je voudrais pas être à leur place !” La barre était haute… et ils sont indéniablement passés en-dessous. Le trio a plus de volume que de finesse. Les pièces sont souvent quelconques, ou alors elles sont prévisibles et suivent des chemins pop que l’on préfèrerait peut-être éviter.
C’est bon pour un ou deux succès à CISM, mais sans plus. 7e position ? Certainement.
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Francouvertes, soir #2
by L'oreille Gauche on Feb.22, 2009, under Actualités
La semaine a été complètement folle dans les bureaux de L’Oreille du tigre. Impossible d’écrire sur les Francouvertes avant ce dimanche soir, 23h. Pourtant, les concurrents de la deuxième soirée des Francouvertes méritaient que je vous en parle.Le but premier de cet article, c’est de vous montrer les photos de Joseph Elfassi, photographe officiel de l’Oreille du tigre. Pour voir toutes les photos, passez ici.
Céline Boissonneault
La surprise de la soirée et le premier coup de coeur de l’Oreille. Sa voix un brin hésitante – elle fausse parfois – et son manque d’expérience sur scène sont largement compensés par la qualité de ses chansons. Ses musiciens sont solides et donnent aux pièces un enrobage varié mais cohérent, aux textures très diverses.
La dame devrait assumer plus son côté rock. C’est un son qui lui va très bien, mais qu’elle semble gênée de porter à fond.
Céline Boissonneault est à suivre. Sa troisième place dans le classement est, à ce point des compétitions, tout à fait méritée.
Son Myspace, en attendant le disque.
Éléphantine
Éléphantine sonne comme un band professionnel. C’est propre, c’est solide, c’est prêt à être endisqué. Après Céline Boissonneault et avant Vanesse Pariétaire, c’est encore plus facile à constater.
Le problème : le manque de variété des arrangements. Quelques sifflements dans une chanson (et on le sait que c’est un playback les gars : on ne vous entendrait pas si vous siffliez vraiment aussi loin des micros) sont à peu près les seuls changements de son. D’un bout à l’autre, le guitariste a gardé le même effet d’écho.
Éléphantine ne m’a pas épaté, mais ils sont tout de même un groupe de très bon niveau.
Vanesse Pariétaire
Vanesse Pariétaire a beaucoup d’amis. Ça s’entendait avant même qu’ils ne jouent une note : une bonne partie de la salle était là pour eux.
Le groupe a de l’énergie et leur prestation possédait une folie qui manquait peut-être aux deux autres. Mais malgré un départ en lion, un côté Malajube qui n’est pas à dédaigner et un réel talent, Vanesse Pariétaire n’est pas prêt.
Le projet n’a pas un an, a dit le chanteur. Ça paraît. Les musiques se lancent dans tous les sens et le tri entre le nécessaire et le “à éviter” n’a pas encore été fait. Un jour, peut-être, VP réussira à charmer autant les juges que leur public. D’ici là, leur 6e place est malheureusement justifiée.
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Les francouvertes 2009
by L'oreille Gauche on Feb.03, 2009, under Actualités
Vous connaissez un amateur de chanson francophone ? Ne l’invitez pas à souper pour les sept prochains lundi, il est déjà occupé : jusqu’au 23 mars, il sera aux préliminaires des 13e Francouvertes.
Sept lundis d’affilés, trois groupes présenteront aux juges et au public leur musique. De ces 21 groupes, neuf iront en demi-finales et trois en finale.
Les laissez-passer pour la demi-finale sont décernés par un jury, composé notamment de Alexandre Vignault, Damien Robitaille et Jean-François Lemieux, ainsi que par le public, qui décerne une note et peut laisser ses commentaires.
La moyenne au bâton des Francouvertes au fil des années est assez remarquable. On se souvient encore de l’édition 1999-2000, alors que Loco Locass et les Cowboys Fringants s’affrontaient en finale, ou de celle de 2001-2002, où c’était Karkwa, Karloff et Kulcha Connection.
En 2005, c’est le rouleau compresseur du talent de Damien Robitaille qui était passé par là et avait pratiquement tout raflé. Le voilà aujourd’hui porte-parole de l’événement.
Les prix vont d’une bourse de 10 000$ à la participation à une émission de Bande à part, en passant par du temps de studio et le pressage de 1 000 disques. L’album pressé sera d’ailleurs à la une du site postedecoute.ca.
Comme le souligne Jean-Robert Bisaillon, président du C.A., gagner ou ne pas gagner à ce concours est secondaire. Pour lui, les Francouvertes sont une plate-forme de lancement extraordinaire. “Les groupes ont la chance de jouer dans l’une des plus belle salle de Montréal, dans un contexte professionnel et de voir leur nom apparaître un peu partout, dit-il. C’est le moment où jamais de profiter au maximum de ses “amis Facebook” et de ses contacts sur Myspace.”
Pour les aider à se faire aller le réseau, voici la liste des participants et leurs Myspace:
Lundi 9 février
Dézuets D’plingrés
Arvida Crew
Mad’moizèle Giraf
Lundi 16 février
Céline Boissonneault
Éléphantine
Vanesse Pariétaire
Lundi 23 février
Lac Estion
Peppertree
On a créé un monstre
Lundi 2 mars
Simon Leduc — PAS DE MYSPACE ??? Grave-tu ta musique sur des rouleaux de cire !?
Francis D’octobre — Ton Myspace est “cancellé” ! Au secours !
Martin Tamar – Bravo, ton Myspace fonctionne ! On peut le déclarer gagnant tout de suite ?
Lundi 9 mars
Lila dit ça
Le mieux de la mort
Ariel
Lundi 16 mars
Hôtel Morphée
Dialecte
Eden106
Lundi 23 mars
Ben & Mimi
Chantal Archambault
Les swompards de l’est
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![Shampouing[1]](http://www.loreilledutigre.com/wp-content/uploads/2010/02/Shampouing1.jpg)




