Tag: Chanson
Francouvertes 2010: Deuxième demi-finale
by L'oreille Droite on Apr.14, 2010, under Actualités
Nous avions prédit que la deuxième soirée de demi-finales des Francouvertes pourrait fort bien être celle à laquelle il FALLAIT assister. Monogrenade et Violett Pi ont donné tout ce qu’ils avaient pour faire de nous les porte-étendards de la vérité.
***
Louis-Philippe Robillard
L’envie est grande de simplement vous référer à notre première critique de L-P Robillard et son groupe. Mais ce serait un peu injuste. Le groupe était un peu plus posé cette fois-ci, et il montrait un peu plus de profondeur.
Il restait cependant un excès de théâtralité dans les présentations, un son souvent daté et une violoniste épouvantablement effacée, surtout comparée au visage spasmodique du batteur.
***

Monogrenade
C’est avec pas mal plus d’assurance que la dernière fois que Monogrenade a commencé son numéro de demi-finales. On a passé un super beau moment, oui, mais pas sans quelques accrochages. La magnifique Le pantin, par exemple, était enterrée sous le loop de voix.
Mais ce sont là des réserves bien mineures. La musique était bonne et la prestation était un si bon crescendo qu’en fin de parcours, on se demandait presque pourquoi on nous avait fait “perdre notre temps” avec les pièces calmes du début. Car c’est quand ils explorent le bruit qu’ils sont à leur meilleur. C’est aussi là qu’on a le moins l’impression d’écouter un groupe qui s’appellerait, genre, RadioKarkWatson.
***
Violett Pi
Le fou furieux magnifique a réussi une deuxième fois à nous mettre vraiment, mais vraiment, sur le cul. S’il n’en tenait qu’à nous, nous donnerions déjà le grand prix à cette bombe nucléaire sur deux pattes. Encore une fois, il n’y avait aucun moyen de savoir ce qui nous attendait au détour de chaque couplet, de chaque chanson.
C’est que, voyez-vous, Violett Pi maîtrise la scène. Il la domine. Chaque regard, chaque sourire, chaque mouvement sert un but précis et il ne rate jamais sa cible. Pas de fausses notes, non plus, au travers de sa performance pourtant ambitieuse, où il susurre tout juste une seconde avant de hurler comme un maniaque.
Quand la musique est là, on est pris de spasmes. Quand elle s’arrête, on attend le prochain éclat de rire. Il n’y a pas de pause, pas de temps mort, et chaque chanson porte un univers et un son distincts. Violett Pi est exigeant envers son public, mais il le lui rend bien, en étant aussi exigeant envers lui-même.
***
Demain: L’OURS | PHILÉMON CHANTE | ALEX NEVSKY
Popularity: 9% [?]
Francouvertes 2010 : soirée #6
by L'oreille Droite on Mar.16, 2010, under Actualités
C’était la soirée des poètes fous au Lion d’or. Des poètes fous et des gens peu habitués à aller voir des spectacles. Un petit cue qui les aidera lors de leurs prochaines soirées : si vous devez parler plus fort parce que quelqu’un joue de la musique, c’est un indice que le spectacle est commencé.
***

Max Ricard
Max Ricard propose un mélange de psychédélisme et de chansonniers québécois de la fin des années 70, additionné de Daniel Boucher et d’un trip poétique parfois trop intense. Les chansons souffrent de structures déficientes et d’un chanteur qui s’emballe un peu.
***
Violett Pi
Arrivé sur scène l’air lunatique, absent, Violett Pi avait l’air de flotter loin, loin du Lion D’Or. Jusqu’à ce qu’il s’écrase bruyamment sur scène.
Oscillant entre la pop, le hip-hop abstrait et le rock fou, le rouquin étrange qu’est Violett Pi a été la révélation de la soirée, la meilleure performance depuis le début de cette édition des Francouvertes. Un talent franc, brut et, surtout, sans compromis. En l’absence de demi-mesures, on se retrouvait dans un monde de folie où il n’y avait pas deux chansons pareilles, pas de textes prévisibles, pas de marche à suivre. Entre une guitare dévastatrice, un cri de mort et un murmure, de délicats collages électroniques finement érigés venaient rehausser la valeur musicale de l’ensemble.
Puis, il y a le personnage lui-même. Le mec est un pantin: ses articulations bougent à des angles de 45 et 90 degrés seulement. Il saute, il n’a aucune cohérence entre les chansons (ou si peu) et, surtout, il n’a pas peur d’exhiber sa folie. Et c’est ça, la sauce qui lie tout : personne n’a le temps de se demander ce qui vient de se passer parce qu’il y’a toujours une autre bombe qui s’en vient. Au bout du programme, on est un peu essoufflé, un peu perdu, mais très très satisfait.
Chapeau. Et oui oui, on était contents !
***
Bernard Adamus

Même s’il respecte toutes les règles du concours, ça ne faisait pas l’affaire de tous que Bernard Adamus fasse les Francouvertes. Quoi ? Une si grosse vedette dans un concours de découverte ? Hérésie ! (*)
Adamus avait donc une grosse foule derrière lui. Et qu’a-t-il fait ? Ce qu’il devait faire : il n’a pas joué à la rock star. Il n’a pas pris l’allure du gars qui le sait qu’il va gagner, faisant comme si les deux autres groupes avaient été sa première partie. Pourtant, on a vu des groupes n’ayant trainé dans le Lion d’or que papa, maman et 15 cousins-cousines le faire. C’est une sobriété qui est tout à son honneur.
Difficile alors de vouloir autre chose que de le voir passer à l’étape suivante, sans aucune rancœur ou regret. Après tout, Adamus et son groupe font de la très bonne musique. Adamus écrit des chansons nettement au-dessus de la moyenne et il n’y a aucune règle contre le talent aux Francouvertes.
(*)En voyant la foule qui est venue pour lui, il a fallu se rendre à l’évidence : si les musiciens pas connus étaient plus connus, il y aurait plus de monde aux spectacles de musique émergente. Ou quelque chose comme ça.
***
Lundi prochain aux Francouvertes : Bujo | Alex Nevsky | Micros Armés
Popularity: 15% [?]
Francouvertes 2010: Soirée #3
by L'oreille Droite on Feb.23, 2010, under Actualités
Pour la troisième soirée des Francouvertes, les organisateurs du concours ont mis ensemble tous les groupes qu’ils ne savaient plus où placer. Compte rendu d’une étrange soirée.
***
![3666953818_85e19423b8[1]](http://www.loreilledutigre.com/wp-content/uploads/2010/02/3666953818_85e19423b81-300x289.jpg)
Karma Atchykah et The Consequences
Faire du hip-hop aux Francouvertes, c’est toujours un peu casse-cou. À moins d’être un MC avec une aura qui transperce les murs, on risque de paraître un peu fade à côté de certains rockeurs.
Alors quand The Consequences, le groupe live (batterie, basse, guitare, clavier, DJ + 3 choristes) sont montés sur scène avant Karma Atchykah lui-même, beaucoup de pression est retombée. La musique aux accents soul était bonne, les enchaînements surprenants. Il y avait là un superbe effort à souligner, même si le bassiste n’était pas toujours à la hauteur. On envoie une carte de félicitations au batteur, qui a fourni des bases très solides au band, et une autre au choriste mâle, qui semble doté d’un bel organe vocal.
Mais même si Karma Atchykah est un très bon MC, son passage sur les planches a été parsemé de moments inconfortables, notamment au niveau de l’interaction avec la foule.
Note aux participants des Francouvertes : solliciter la participation du public, c’est risqué. Quand on ne te connait que depuis deux chansons, il faut faire attention avec la familiarité. On fait son numéro, on se donne à fond et on laisse le public juger.
Côté textes aussi, ça se corse. “Entouré comme 50 Cents et ses gardes du corps” ? Monsieur Atchykah, vous valez mieux qu’un gangster de pacotille. “Frais. Libre. Québécois.” (FLQ ?) Une déclaration d’amour au Québec, ça se mélange peut-être plus ou moins bien avec l’un des moments les moins glorieux de son nationalisme.
Néanmoins, la “vibe” était bonne, et ça sentait la sincérité à plein nez. Et ça, c’est toujours bon.
***
Mono/Stéréo
La révélation de la soirée fût Mono/Stéréo. Des textes inégaux, des mélodies dont la sauce a peut-être été un peu trop étirée, mais Nom de Zeus, quelle charge !
Duo guitare-batterie, Mono/Stéréo ne fait pas dans la dentelle. Leur rock teinté de blues écorche et sonne comme une tonne de brique. Ces excellents musiciens ont su donner à chaque chanson une couleur différente.
Le problème réside au coeur des chansons elles-même. Des structures chancelantes, des portions trop longues, des chansons sans finale: on aura entendu de tout.
Mais sur scène, la magie opère. L’énergie sauve la mise et fait hocher les gens de la tête en moins de deux. On pardonne donc, du même souffle, la prononciation difficile du chanteur, qui a hurlé sa douleur et sa colère avec assez d’intonations et de conviction pour que les textes, franchement pas la force du duo, soient relégués au statut de courroie de transmission pour le son des cordes vocales. Un bel échange.
On espère revivre la chose en demi-finales.
***
Shampouing
Malgré une bio qui fait passer pour sobre celle de L’Ours, (voir notre critique de la deuxième soirée) (*), Shampouing nous a semblé d’une modestie à tout rompre.
Une modestie d’autant plus frappante que le monsieur s’avère être un excellent guitariste, bien en maîtrise de ses six cordes. Bref, la technique est là, mais ce que Shampouing joue ne fait pas honneur à son talent de musicien.
Son rock est très 70, aux tournants surtout sombres, mais parfois lumineux. Un rock qui tombe un peu plat et qui est appuyé de textes inégaux qui vont un peu partout; que l’on parle de se torcher avec des feuilles de palmier ou de faire la guerre à coups de voltages et d’ampères, il y a toujours quelque chose qui accroche.
La musique donne dans le même sens: les solos ont nettement été les plus impressionnants et colorés qu’il nous ait été donné de voir aux Francouvertes, mais en-dehors de ça, il n’y avait rien pour vraiment retenir l’attention.
Dommage. L’énergie était là. Le talent était là. C’est un rendez-vous manqué. On le reprend n’importe quand comme guitariste pour un autre, cela dit.
(*) Si le temps nous le permet, nous ferons bientôt un petit billet à propos des choses à faire et à ne pas faire dans son texte de présentation et sur scène.
Lundi prochain aux Francouvertes : Philémon Chante | Dominic Avec Un C | Louis-Phillipe Robillard
Popularity: 8% [?]
Francouvertes 2010: Soirée #1
by L'oreille Droite on Feb.09, 2010, under Actualités
Après quelques semaines d’hibernation, l’ours de l’oreille du tigre sort de sa tanière pour vous commenter ce qu’il a vu à la première soirée des Francouvertes. Au menu : Jesuslesfilles, Turbo Distortion et Meta Gruau.
***
Jesuslesfilles
L’oreille du tigre n’aime pas parler trop longtemps de ce qui n’en vaut pas la peine. Mal écrite, mal conçue mais passablement bien jouée, la musique de Jesuslesfilles est pleine de crescendos qui vont nulle part, de bridges trop longs, et de paroles aussi inaudibles sur scène qu’en studio, qui vous laisseront perplexe. C’est tout. (Agence Oreille-Tigre)
***

Turbo Distortion
Mettons la table, comme ils diraient aux Francous: si vous allez à un concert de Turbo Distortion en espérant entendre les prochains Karkwa, vous risquez d’être déçu. Si, par contre, Ariel se cherchait une première partie compétente, à laquelle il manque cruellement de personnalité, mais qui fait montre d’une bonne drive, là, oui, ok, Turbo Distortion serait tout désigné.
On a une théorie, à l’Oreille: les gars n’ont pas répété le show hier. C’est sûr qu’ils écoutaient le Superbowl. Et quand y’a du hockey, ils l’écoutent aussi. Pis quand la bière est pas chère ? Bin quin ! C’est leur genre. Mais le plus beau, c’est que tout ça leur va comme un gant.
Outre les textes parfois pénibles, leur musique est solide dans le genre, leur énergie sur scène est contagieuse et ils maîtrisent assez bien leurs instruments pour pouvoir écouter le Superbowl, sans craintes de se planter aux Francouvertes le lendemain.
On a vraiment passé un bon moment. Chapeau ! (Oreille droite)
***

Meta Gruau
Du plaisir franc de Turbo Distortion, on est passé à l’énergie cérébrale du trio Méta Gruau. On pourrait penser au son de Band de garage qui se prendrait un peu trop au sérieux, le nez dans son nombril. On peut aussi penser un peu à Malajube, de qui ils sont des cousins éloignés, via des liens avec Thomas Augustin.
Ce sont de bons musiciens, qui font les choses bien droites et avec énergie. Cependant, le batteur chantant, le guitariste et la claviériste ont, à trois, le charisme d’un et demi. Le groupe manquait-il plus de charisme ou de plaisir à être sur scène ? Dur à dire.
Des textes, dont l’intégralité tenait sur deux pages, on retient un équilibre entre de la vraie poésie et un remplissage qui fait très bien le travail.
Il y a du talent mal utilisé dans ce groupe. C’est dommage. (Oreille gauche)
***
Lundi prochain aux Francouvertes : Tire le coyote | L’Ours | Monogrenade
Popularity: 12% [?]
Daniel Bélanger fait POP !
by L'oreille Gauche on Oct.15, 2009, under Actualités
Il est là tout nouveau, tout beau et tout à fait pop : le nouvel extrait de Daniel Bélanger.
La chanson Reste sera sur l’album Nous, en magasin le 10 novembre. Bélanger avait parlé d’un album plus pop avec plein plein de voix. Ça ressemble pas mal à ça.
[Le vidéo ci-dessous devrait fonctionner. Si, cependant, il venait qu'à vous faire défaut, vous pouvez aller le voir sur le site officiel de Daniel Bélanger]
» Powered by XHTML Video Embed
Si le traitement vocal est de ce calibre tout au long de l’album, ça va être un plaisir à écouter ! N’ayant pas aimé L’échec du matériel autant que je l’aurais souhaité, je ne demande que ça.
Popularity: 24% [?]
Tricot Machine à la conquête des vieux pays
by L'oreille Gauche on Jun.21, 2009, under Actualités
Lors de mon récent passage en terre hexagonale (la France, pour ceux qui aurait coulé leur géométrie géographique), j’ai vu leur disque sur un étalage de la FNAC. Voilà que je les croise sur Deezer, en tant qu’Album du moment.
Faut croire que ça va bien pour Tricot Machine en France. Tant mieux ! (continue reading…)
Popularity: 5% [?]
Ily Morgane, toujours vivant
by L'oreille Gauche on May.22, 2009, under Actualités
Je croyais vraiment que le groupe était mort, et j’en étais bien peiné. Or, leur Myspace se voit gratifié depuis très peu de TROIS nouvelles pièces. Ily Morgane est toujours vivant. Yes !
Popularity: 6% [?]
Francouvertes 2009 : Ariel à la charge
by L'oreille Gauche on Apr.28, 2009, under Actualités
Ariel n’a rien réinventé musicalement, mais il a livré son rock avec un aplomb et un professionalisme dont devrait s’inspirer plusieurs musiciens d’ici. Leurs chansons “dans les dents” méritaient amplement de gagner. Quand on allie de bonnes chansons et un plaisir de jouer évident, on tient une formule gagnante.
Ouvrir la soirée finale des Francouvertes était une dure commande pour Francis d’Octobre. La formule trio et les chansons de d’Octobre fonctionnaient mieux dans le cadre plus intime du Lion d’Or. Dans l’espace du Club Soda, les changements de rythme et les jeux d’intensité y perdait, surtout devant un public que l’on pourrait qualifier de “tiède”. N’empêche, c’est un artiste à suivre.
Une tièdeur qui s’est transformée à l’arrivée de Mad’moizèle Giraf, le groupe que plusieurs attendait. Avec de si bons musiciens derrière eux, normal que ça lève. Mais de bons musiciens et beaucoup d’amis, ça ne vous dispense pas d’écrire des textes qui se tiennent.
Un reggae sur le fait que t’as pas le goût de travailler ? Les filles de Montréal sont belles ? Le monde du centre-ville est stressé ? Dites-moi quelque chose que je n’ai pas entendu dans 48 chansons avant ! Ça ne devrait pas être permis de gagner un concours de musique francophone en racontant des choses aussi insipides. Une deuxième place ? Je peux aisément vivre avec.
Bilan de la 13e édition des Francouvertes ? Vraiment pas pire, pour une édition au chiffre malchanceux.
(Mention spéciale à la machine à boucane qui a semblé ne pas fonctionner de la soirée, sauf pour Ariel.)
Photo : Ariel – Lion d’Or, le 9 avril 2009 (©Michel Pinault)
D’autres compte-rendus avec plus d’infos et moins d’opinions :
- La Presse
- Le Devoir
- Le blogue de Franco-Phil
Popularity: 6% [?]
Francouvertes, soirée #8 (dernière des préliminaires)
by L'oreille Gauche on Mar.24, 2009, under Actualités
Par, dans l’ordre, l’Oreillette, l’Oreille gauche et l’Oreille droite.
Ben & Mimi
Ben et Mimi est un duo de l’ouest canadien (Alberta et Manitoba). Si le spectacle a mis deux pièces avant de décoller, les deux musiciens ont vite su accrocher le public par leurs histoires charmantes et drolatiques. Leur complicité sur scène y est certainement pour quelque chose.
Ils ont su prouver que la tuque qu’ils arborent tous deux et la théâtralité de leurs expressions, qui m’avait d’abord agacée, est justifiée. Le personnage de scène de chacun d’eux, simple et coquet, va de pair avec leur style country-bonbon pleinement assumé.
Le duo a bien su marier la guitare acoustique (jouée par Mimi) et la guitare électrique (brillamment tenue par Ben) avec justesse. Mimi épate par son talent de chanteuse. Tantôt apaisante, tantôt entraînante, sa voix était juste et particulièrement claire.
Ce qui a certainement rendu le duo très sympathique aux yeux de tous, ce sont les interludes garnis d’histoires loufoques. Ben est particulièrement drôle et, en compagnie de sa récente complice, il donne un spectacle qu’on écoute et qu’on regarde avec beaucoup d’amusement. Pas étonnant qu’ils se soient taillé une place dans le palmarès finale (en 6e place).
Faire du vieux sans sonner passéiste, c’est pas toujours facile. Surtout en country, où les chemins ne sont pas nombreux et ont été explorés souvent. Mais la musique qui vient du coeur, comme celle de Chantal Archambault, ça ne se démode pas.
Imaginez la façon de chanter de Mara Tremblay, première époque, mais remplacez les textes naïfs par de solides petits morceaux de poésie bien terre à terre. Le yodle qui orne le chant de Chantal Archambault est de ces choses qui vous arrachent le coeur… ou vous crèvent les tympans. Si Fred, l’Oreille droite, n’en pouvait plus, l’Oreille gauche que je suis était conquis.
Elle chantait avec l’assurance des chanteuses country qui se vident le coeur avant d’aller labourer un champ de patate à mains nues . Solidement, avec aplomb, armée de ses chansons et le genou légèrement fléchi, elle était… oserais-je le dire ? saprement sexy.
Ses musiciens étaient aussi discrets qu’efficace et je lui donne un point supplémentaire pour la qualité de son “pacing”.
Quoi ? Elle n’a pas fait le palmarès final ? Tant pis pour les Francouvertes ! Le concours se prive d’un talent solide qui saura, je l’espère, se faire voir et entendre ailleurs. À écouter : Le collage, sur son Myspace.
Photo : Facebook
Les Swompards De l’Est
Après quatre candidatures couronnées d’insuccès, Les Swompards De l’Est sont enfin montés sur une scène des Francouvertes, bien après que l’on aie parlé d’eux un peu partout. S’ils restent toujours francophone, pour ce qui est du côté découverte, on repassera.
C’est peut-être ce qu’il y a de plus surprenant; de loin le groupe avec le plus d’expérience, Les Swompards ont livré la moins bonne performance du lot. Chaque chanson proposait une chaudrée d’eau de marais différente de la précédente, certes, mais passer 5 minutes à regarder la même eau stagnante n’est pas nécessairement une expérience ragoûtante.
Mais pire que la stagnation, Les Swompards De l’Est semblent être aux prises avec un petit problème d’originalité. Tout sonnait comme quelque chose que l’on avait déjà entendu ailleurs. En fait, non seulement on l’avait déjà entendu ailleurs, mais on l’avait entendu mieux et en français.
Outre la ressemblance frappante entre Fenêtres Vers Le Sud et la chanson Et j’ai couché dans mon char de Richard Desjardins, Les Swompards De l’Est ont tordu de nombreux thèmes et de nombreuses métaphores courantes, ouvrant ainsi la porte à un top 5 des citations les plus “hein ?” des pièces qu’ils ont interprété ce soir-là.
5) “Aujourd’hui je me porte mieux / Demain je n’en sais trop rien / Bref les meilleurs conseils / C’est mon coeur qui me les a donnés.”
4) “Seul dans mes nuits / Je joue mon sort / Dans l’casino de mes espoirs / Ton silence est hors-la-loi / De l’offre et de la grande demande que voilà.”
3) “Dans une grosse automobile / Il y avait un gros monsieur / Qui avait près de sa bouche / Un gros drôle de cigare.”
2) “Tu serais-tu l’genre / À n’pas s’engager / Tu voudrais-tu / M’faire mijoter / Met-moi à high / Sans me faire brûler.”
1) “Fais c’que tu veux, mais laisse-moi vivre”
Yee-ha indeed.
Popularity: 5% [?]
Les Francouvertes, soir #4
by L'oreille Gauche on Mar.04, 2009, under Actualités
Jo-Annie Larue, l’Oreillette du tigre, nous offre sa critique de la 4e soirée des Francouvertes. Les photos sont de Joseph Elfassi, la Rétine du tigre.


Simon Leduc
Avec sa gueule de charmeur et son sourire à faire craquer un barrage électrique, c’est plutôt décevant que Simon Leduc ne soit que «joli».
Le chanteur a une facilité et un plaisir fou à jouer avec la langue, voltigeant d’un mot d’esprit à l’autre, tortillant et questionnant le sens des expressions courantes. Bien que ses images soient séduisantes et attachantes, les textes souffrent d’un manque de diversité. Les fans de son groupe punk La descente du coude retrouveront les thèmes abordés sur leur dernier album Coup de foudre, mais une musicalité plus pauvre.
Malgré une légèreté attendrissante dans la musique, presque toutes les pièces entendues hier avaient besoin d’un «hook» qui n’est jamais venu.

Francis D’OcTOBRE – http://www.myspace.com/francisdoctobre
Francis est indéniablement ma descente en crazy carpet de la soirée. Frais, excitant et enivrant.
Il s’approprie et habite chaudement la scène. Son expérience et ses multiples collaborations (Alfa Rococo, Catherine Major, Les Tireux d’Roches, Ève Cournoyer et Louise Forestier) y sont certainement pour quelque chose.
La mélancolie semble être le moteur de l’œuvre de l’auteur-compositeur-interprète. Heureusement, elle ne se traduit pas par un sentiment lourd et désagréable de mal être.
Les pièces de FRANcIS D’OcTOBRE donne plutôt l’impression d’être toujours sur cette feuille d’automne qui quitte l’arbre pour planer à travers un temps gris, mais doux.
Musicalement, c’est loin d’être monotone ; les silences sont riches et viennent admirablement bien soutenir les nombreux moments où la tête fait instinctivement ce mouvement de l’avant à l’arrière.
Les paroles sont légères et sensibles, mais pas faciles et quétaines. J’ai été tout à fait charmée par le manque de dentelle de la musique, les textes, le personnage et le veston-pas-de-manche un peu ringard du batteur.

Martin Tamarre – http://www.myspace.com/MartinTamar
C’est un son que l’on connaît depuis des années et des paroles peu audibles qui manquent de cohérence. Les textes auraient dû être révisés depuis que l’auteur a terminé son troisième secondaire.
Son attitude peu professionnelle aurait été moins agaçante s’il n’avait pas eu le charisme d’une poignée de porte…
Il est également désolant de lire la présentation très cahoteuse remise à l’organisation des Francouvertes. Fautes d’orthographe et de syntaxe à l’appui, elle résume à merveille le grand manque de maturité de ce band de sous-sol. Nullement à sa place dans ce concours et heureusement nul part dans le palmarès.
Martin Tamarre… de lui.

Popularity: 1% [?]
Les Francouvertes, soir #3
by L'oreille Gauche on Feb.24, 2009, under Actualités
Ho la la ! La troisième soirée de préliminaires aux Francouvertes fu une belle soirée. En compétition en ce neigeux lundi : Lac Estion, Peppertree et On a créé un monstre.
Lac Estion
Un bon groupe de bons musiciens, ça se voit rapidement. C’est propre, c’est bien fait, c’est bien joué et les chansons sont bonnes. Cependant, le groupe a de la difficulté a intégrer ses influences.
Plutôt que d’avaler Malajube, de le digérer et de le mêler avec le son Lac Estion, parce qu’il existe, les influences sont juxtaposées. Soudainement, au milieu d’une pièce, passent 16 mesures qu’on aurait dites sorties d’un disque de Malajube.
Le son qui est propre à Lac Estion, lui, n’est pas assez approfondi. Les mélodies finissent par se ressembler et le groupe surfe sur ses capacités au lieu de les repousser ses limites.
Ne vous méprenez pas : j’ai bien aimé ce que j’ai entendu. Ils sont présentement en deuxième place, et c’est bien ainsi.
Le groupe lancera bientôt un disque. J’aimerais vous dire où et quand, mais on dirait que leur Myspace a été fait par un aveugle, pour des aveugles.
Peppertree
Est-il possible de conjuguer l’abondance musicale de Malajube avec la subtilité et la propreté de Karkwa ? C’était là le pari de Peppertree. Un pari réussi bien au-delà de nos attentes, pourtant déjà grandes.
Chaque pièce était MASSIVE. Les sons s’y multipliaient jusqu’à la saturation, mais sans jamais passer à côté, sans jamais déborder. La musique se contentait de couler et les mélodies, elles, de s’écraser les unes sur les autres. Adieu l’atmosphère mi-bum, mi-réfléchie d’El Motor, adieu les ratures scéniques de Malajube; Peppertree a son propre son. C’est le son d’un torrent, d’un Patrick Watson qui essayerait de se mettre en colère, de taper un peu plus fort, mais qui n’y parviendrait pas.
Adieu aussi, et c’est un peu dommage, la prononciation bien Québécoise de Louis-Jean Cormier. Patrick Poirier chante à la française, ce que certains pourraient certainement lui reprocher de faire. Il pousse aussi sa voix dans des registres très élevés, s’écartant parfois, en spectacle du moins, de la note qu’il devrait toucher. Mais le fin mot de l’histoire, c’est que Peppertree a les textes pour se permettre ça. Des textes signés par une amie du chanteur qui me rappellent un peu la réaction que j’ai eue en entendant Pierre Lapointe chanter pour la première fois; compte-toi chanceux, mon gars.
On a créé un monstre
La seconde où ils sont arrivés sur scène, je me suis dit “je voudrais pas être à leur place !” La barre était haute… et ils sont indéniablement passés en-dessous. Le trio a plus de volume que de finesse. Les pièces sont souvent quelconques, ou alors elles sont prévisibles et suivent des chemins pop que l’on préfèrerait peut-être éviter.
C’est bon pour un ou deux succès à CISM, mais sans plus. 7e position ? Certainement.
Popularity: 3% [?]
Francouvertes, soir #2
by L'oreille Gauche on Feb.22, 2009, under Actualités
La semaine a été complètement folle dans les bureaux de L’Oreille du tigre. Impossible d’écrire sur les Francouvertes avant ce dimanche soir, 23h. Pourtant, les concurrents de la deuxième soirée des Francouvertes méritaient que je vous en parle.Le but premier de cet article, c’est de vous montrer les photos de Joseph Elfassi, photographe officiel de l’Oreille du tigre. Pour voir toutes les photos, passez ici.
Céline Boissonneault
La surprise de la soirée et le premier coup de coeur de l’Oreille. Sa voix un brin hésitante – elle fausse parfois – et son manque d’expérience sur scène sont largement compensés par la qualité de ses chansons. Ses musiciens sont solides et donnent aux pièces un enrobage varié mais cohérent, aux textures très diverses.
La dame devrait assumer plus son côté rock. C’est un son qui lui va très bien, mais qu’elle semble gênée de porter à fond.
Céline Boissonneault est à suivre. Sa troisième place dans le classement est, à ce point des compétitions, tout à fait méritée.
Son Myspace, en attendant le disque.
Éléphantine
Éléphantine sonne comme un band professionnel. C’est propre, c’est solide, c’est prêt à être endisqué. Après Céline Boissonneault et avant Vanesse Pariétaire, c’est encore plus facile à constater.
Le problème : le manque de variété des arrangements. Quelques sifflements dans une chanson (et on le sait que c’est un playback les gars : on ne vous entendrait pas si vous siffliez vraiment aussi loin des micros) sont à peu près les seuls changements de son. D’un bout à l’autre, le guitariste a gardé le même effet d’écho.
Éléphantine ne m’a pas épaté, mais ils sont tout de même un groupe de très bon niveau.
Vanesse Pariétaire
Vanesse Pariétaire a beaucoup d’amis. Ça s’entendait avant même qu’ils ne jouent une note : une bonne partie de la salle était là pour eux.
Le groupe a de l’énergie et leur prestation possédait une folie qui manquait peut-être aux deux autres. Mais malgré un départ en lion, un côté Malajube qui n’est pas à dédaigner et un réel talent, Vanesse Pariétaire n’est pas prêt.
Le projet n’a pas un an, a dit le chanteur. Ça paraît. Les musiques se lancent dans tous les sens et le tri entre le nécessaire et le “à éviter” n’a pas encore été fait. Un jour, peut-être, VP réussira à charmer autant les juges que leur public. D’ici là, leur 6e place est malheureusement justifiée.
Popularity: 2% [?]
Les francouvertes 2009
by L'oreille Gauche on Feb.03, 2009, under Actualités
Vous connaissez un amateur de chanson francophone ? Ne l’invitez pas à souper pour les sept prochains lundi, il est déjà occupé : jusqu’au 23 mars, il sera aux préliminaires des 13e Francouvertes.
Sept lundis d’affilés, trois groupes présenteront aux juges et au public leur musique. De ces 21 groupes, neuf iront en demi-finales et trois en finale.
Les laissez-passer pour la demi-finale sont décernés par un jury, composé notamment de Alexandre Vignault, Damien Robitaille et Jean-François Lemieux, ainsi que par le public, qui décerne une note et peut laisser ses commentaires.
La moyenne au bâton des Francouvertes au fil des années est assez remarquable. On se souvient encore de l’édition 1999-2000, alors que Loco Locass et les Cowboys Fringants s’affrontaient en finale, ou de celle de 2001-2002, où c’était Karkwa, Karloff et Kulcha Connection.
En 2005, c’est le rouleau compresseur du talent de Damien Robitaille qui était passé par là et avait pratiquement tout raflé. Le voilà aujourd’hui porte-parole de l’événement.
Les prix vont d’une bourse de 10 000$ à la participation à une émission de Bande à part, en passant par du temps de studio et le pressage de 1 000 disques. L’album pressé sera d’ailleurs à la une du site postedecoute.ca.
Comme le souligne Jean-Robert Bisaillon, président du C.A., gagner ou ne pas gagner à ce concours est secondaire. Pour lui, les Francouvertes sont une plate-forme de lancement extraordinaire. “Les groupes ont la chance de jouer dans l’une des plus belle salle de Montréal, dans un contexte professionnel et de voir leur nom apparaître un peu partout, dit-il. C’est le moment où jamais de profiter au maximum de ses “amis Facebook” et de ses contacts sur Myspace.”
Pour les aider à se faire aller le réseau, voici la liste des participants et leurs Myspace:
Lundi 9 février
Dézuets D’plingrés
Arvida Crew
Mad’moizèle Giraf
Lundi 16 février
Céline Boissonneault
Éléphantine
Vanesse Pariétaire
Lundi 23 février
Lac Estion
Peppertree
On a créé un monstre
Lundi 2 mars
Simon Leduc — PAS DE MYSPACE ??? Grave-tu ta musique sur des rouleaux de cire !?
Francis D’octobre — Ton Myspace est “cancellé” ! Au secours !
Martin Tamar – Bravo, ton Myspace fonctionne ! On peut le déclarer gagnant tout de suite ?
Lundi 9 mars
Lila dit ça
Le mieux de la mort
Ariel
Lundi 16 mars
Hôtel Morphée
Dialecte
Eden106
Lundi 23 mars
Ben & Mimi
Chantal Archambault
Les swompards de l’est
Popularity: 5% [?]
Du gratuit et du vol
by L'oreille Gauche on Jan.07, 2009, under Actualités
Nous sommes en crise économique. L’oreille est au courant: nous avons vu nos actions (ODT.TSX) chuter sur les bourses.
C’est donc en plein le temps de se trouver du stock gratis sur le net!
Hot Chip
La collaboration de Hot Chip et de Robert Wyatt est finalement disponible. Hot Chip donne d’ailleurs une de ces chansons sur leur site:
http://www.parlophone.co.uk/hotchip/index2.html
4AD
L’étiquette 4AD offre une compilation de ses meilleures sorties de 2008. Au menu: TV on the radio, Stereolab et Bon Iver, pour ne nommer que ceux-là.
http://www.4ad.com/features/2008/
Nicolas Huart
Un nouveau chanteur québécois, que je ne connaissais pas avant et présenté par notre Franco-Phil favori.
http://www.nicolashuart.com/levanilnoir/
La BANQ
Le site de Bibliothèque et Archives nationales du Québec est abominable. Les choses y sont enfouies comme si c’était fait pour ne jamais être trouvé. “Ne dérangez pas nos archives!”
M’enfin… Vous avez envie d’entendre de la musique québécoise de 1900 à 1952? C’est dans la section des enregistrements sonores de la collection numérique qu’il faut aller.
http://bibnum2.banq.qc.ca/bna/musique_78trs/accueil.htm
Vous pourrez y écouter des chansons de La Bolduc, ça se démode pas. Comme disaient Albert Viau & Roland Van de Goor : on est jamais de trop pour goûter au sirop!
(Attention, c’est en… Realaudio! La BAnQ n’est pas une grande amie du logiciel libre, ou même du format pratique et accessible à tous!)
Un spécial “1 pour 2″ !
Et pour ceux qui en ont marre du gratuit, sachez que vous pouvez acheter un MP3 que vous avez déjà acheté sur Itunes, mais en ne payant que 30% du prix!
Toute une offre non?
Itunes a passé une entente avec Sony, Warner et Universal afin d’offrir des MP3s sans DRM, c’est-à-dire sans protection contre la copie. C’est une bonne chose, c’est moderne, c’est à peu près temps, l’oreille applaudit (genre, un clap-clap de mini-putt).
Mais que faire avec vos vieux MP3, remplis de DRM? Itunes a pensé à vous!
iTunes offers customers a simple, one-click option to easily upgrade their entire library of previously purchased songs to the higher quality DRM-free iTunes Plus format for just 30 cents per song or 30 percent of the album price. (SOURCE)
Wow. Je suis vraiment touché de l’attention… pas!
Excusez-moi, messieurs de l’industrie de la musique, mais je pense qu’on avait déjà compris le truc avec les disques.
- Étape1: sortir les disques vyniles en CD, mais botcher le production (voir The Cure et Leonard Cohen)
- Étape 2: en sortir une version remasterisée
- Étape 3: compter l’argent qu’on a pu faire en vendant 2 fois le même disque (ou même trois ou quatre, si on compte le vynile et la cassette avant)
Trente pourcent du prix que j’ai déjà payé? C’est quoi ça? Le coût de production du MP3???

Popularity: 1% [?]
Karkwa part à la conquête de l’Europe
by L'oreille Gauche on Jan.04, 2009, under Actualités

Il y a des européens qui nous lisent. N’essayez pas de vous cacher, on vous voit à travers l’écran pis on sait que vous n’êtes pas du Québec. Le béret, le vin pas cher et la baguette vous ont trahis. Fallait vous mettre une camisole en buvant de la bière, si vous vouliez passer pour des indigènes québécois.Vous êtes européens, donc. Hé ben votre heure est arrivée: Karkwa passe vous voir. Ce serait gentil de leur rendre la pareille et d’aller les voir en spectacle!
Leur Myspace nous dit:
|
Maroquinerie | Paris, Ile-de-France | ||
|
Festival Voix de Fêtes | Genève | ||
|
La Tannerie | Bourg en Bresse | ||
|
Le Sirius | Lyon | ||
|
La Chapelle Les Trinitaires | Metz | ||
|
Festival Garorock | Marmande | ||
|
Festival Panorama | Morlaix |
Et le site Karkwa qu’on en dise… (ze référence en Karkwa) nous annonce:
Karkwa + Stuck In The Sound le 11 mars à La luciole – Alencon (61)
Avec autant de dates, vous n’avez tout simplement aucune raison de ne pas aller voir, entendre et vivre le meilleur groupe québécois en ce moment (et pour bien des années, à notre avis).
Popularity: 2% [?]



![Shampouing[1]](http://www.loreilledutigre.com/wp-content/uploads/2010/02/Shampouing1.jpg)


