Woodstock : 40 ans à s’en faire accroire
by L'oreille Gauche on Aug.16, 2009, under Actualités
(La pognez-vous ? Woodstock… Woodstock)
Haaaaa… Woodstock. Ce moment magique. Ce gros fuck you à l’ordre établi. Cette célébration de la contre-culture.
Richie Havens, l’un des premiers à monter sur scène ce jour-là, s’en souvient :
C’était quelque chose que ma génération avait toujours voulu faire. Ils [les jeunes] voulaient raconter leur histoire et sentir qu’ils existaient. Je me suis dit: ils ne peuvent plus nous cacher désormais.
- Le Devoir – Il y a 40 ans, Woodstock – Une fin de semaine pour changer le monde
Pour ceux qui veulent continuer à ne plus se cacher, la contre-culture des années 60 peut maintenant s’acheter pour 80 $, dans un beau coffret en faux-cuir avec de petites franges.
Qui a dit kitch ? Pour un ancien hippie, rien de mieux que de s’asseoir devant son cinéma maison pour s’en souvenir et se dire que les jeunes d’aujourd’hui ne savent plus vivre et écoutent de la mauvaise musique.
On les entends très peu souvent, ceux qui ont une vision différente et plus nuancée de ce qui s’est passé ce jour-là. Le guitariste des Who, par exemple.
Townshend avait d’ailleurs une piètre opinion des jeunes qui étaient à Woodstock: «une bande d’hypocrites qui se réclament d’une révolution cosmique juste parce qu’ils se retrouvent dans un champ, qu’ils brisent des clôtures, qu’ils prennent de l’acide et qui essaient ensuite de se sauver sans payer les groupes».
Que penser de la place de Woodstock, dans l’histoire nord-américaine ?
Pour ma part, c’est le moment où une certaine contre-culture a cessé de l’être. Cet événement spectaculaire a cristallisé quelque chose et l’a figé. C’était beau, c’était gros, c’était wow, alors on le prend dans nos mains et on passe le reste de son temps à le regarder, à dire que c’est plus ce que c’était. C’était mieux dans ce temps-là.
Tout cela me laisse perplexe. Il me semble que la génération Peace and Love passe sa vie à regarder dans le rétroviseur. Les boomers imposent tellement leur propension à la nostalgie, ils occupent tellement l’espace public, que, même des jeunes de 20 ans, aujourd’hui, regrettent de ne pas avoir vécu Woodstock!
Considérant que ce qui a suivi Woodstock, c’est le disco, le rock progressif, les années 80, Tatcher et Reagan, je ne voudrais pas revivre ce moment. De la même façon que je ne revivrais pas mon secondaire. C’était bien, les amis, la musique et les découvertes. Très bien. Mais soyons réaliste : je passais le plus clair de mon temps dans une salle de cours et j’avais une moustache molle.
Assez, la nostalgie !
Chaque génération a ses grands moments. Côté musique, ceux de la mienne valent bien ceux de la génération Woodstock.
La première fois où j’ai écouté Kid A et mon premier spectacle de Radiohead au Parc Jean-Drapeau. Magique. L’album Dehors novembre des Colocs, vaut bien un album de Charlebois de l’époque Québec Love.
Et la musique qui circule aujourd’hui plus librement que jamais, ce n’est pas rien ! Un phénomène de l’ampleur des Beatles, ça ne reviendra pas. Ce n’est pas une question de talent, c’est une question de capacité de diffusion. Là où nos parents avaient le choix entre 5 ou 6 groupes, nous en entendons 200.
C’est assez, la nostalgie. Les souvenirs sont faits pour être magnifiés et tout a l’air mieux dans le passé. Le présent, lui, il est là et il change tout le temps. C’est bien plus excitant que de se souvenir, croyez-moi.
Et ça évite de lancer des âneries comme de qualifier Tony Roman de “visionnaire”.
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August 17th, 2009 on 21:39
En fait, c’est la réplique de Pete Townshend que j’aime. Ça et le fait que tu réussis à exprimer avec tact ma pensée sur les célébrations de la Nostalgie…
August 29th, 2009 on 09:50
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