À l’intérieur de la crise du disque – 1 : Le refus de la technologie

Une partie de mon travail consiste à appeler des relationnistes, des maisons de disque et des gérants d’artiste pour demander “Pourrait-on avoir un mp3 pour accompagner une critique du disque sur le site web ?”

Les réponses à cette simple question expliquent parfois pourquoi l’industrie du disque est si mal en point.

  • Première partie : Le refus de la technologie
  • Deuxième partie : La peur d’être entendu
  • Troisième partie : À faire et à ne pas faire sur son site web… quand on en a un (À venir)
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Première partie : Le refus de la technologie

technologie

Cas 1 : “Un quoi ?”

Plusieurs relationnistes de très grosses boîtes (Universal, Warner, EMI) ne savent simplement pas comment faire un mp3. Bien que leur métier consiste à propager de la musique, ils ne connaissent aucune autre méthode que de m’envoyer le disque par la poste.

Et parmi ceux qui savent, il y a ceux dont l’ordinateur de bureau ne permet pas d’extraire de MP3.  De la bêtise institutionnelle.

Une fois, on a réussi à m’envoyer un MP3 (Bravo !), sauf qu’il était protégé par un un DRM. Je ne pouvais rien faire avec. Oups…

Cas 2 : “D’ici deux semaines”

Ceux qui savent comment encoder et peuvent le faire n’ont pas toujours le disque sous la main. Dans les grosses boîtes, ça signifie qu’ils doivent faire venir le disque de Toronto et qu’ils vont avoir ça d’ici deux semaines.

Numériser tous les disques et les mettre sur un serveur… non ? Grands Dieux, non ! Ça leur rappelle, j’imagine, les méthodes des dangereux pirates.

Résultat :

Il est arrivé plusieurs fois que ce soit plus simple de  “pirater” la chanson que d’attendre que le disque arrive. Je suis un techno-débrouillard, mais ce n’est pas le cas de tous. Plusieurs auraient juste dit “Tant pis”. Et ça aurait été tant pis pour l’artiste.

Bien sûr, tous ne vivent pas dans le déni. De plus petites compagnies m’envoient souvent un mp3 dès le premier contact par courriel. Si j’avais à choisir qui va survivre, je pencherais pour elles bien plus que pour Universal, Warner et autres “majors” sclérosés.

En musique classique, il y a aussi les deux extrêmes. Il y a Analekta et son site extraordinaire, et il y a le gars qui sait à peine envoyer un courriel.

À venir dans la deuxième partie : La peur d’être entendu…

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