Après 15 ans de carrière, qu’ont encore à dire John McEntire et sa bande ? Beaucoup de choses, et c’est tant mieux.
Le dernier album de Tortoise, It’s all around you, date déjà d’il y a 5 ans. Entre-temps, il y a eu une collaboration assez moyenne avec Bonnie Prince Billy pour The Brave and the Bold, et une compilation formidable rassemblant des dizaines de pièces rares: A Lazarus Taxon.
Pendant ces 5 années, Tortoise a écrit du matériel, puis l’a promené en tournée et l’a retravaillé. De ce long travail sont nées les pièces tortueuses de Beacons of ancestorship.
Ce nouvel opus n’est pas un grand bond en avant pour le groupe, mais c’est loin d’être du surplace ou un regard en arrière. Tortoise bâtit sur ses acquis tout en défrichant de nouveaux territoires et des textures sonores de plus en plus brutes.
Tortoise – Prepare Your Coffin
Les pièces de Beacons of ancestorship se dévoilent lentement, comme un long chemin qui mène parfois bien loin de là où on est parti. Gigantes en est un bon exemple. Entre les premières notes de guitare et de percussions et la finale noyée sous les synthétiseurs, plusieurs mondes se succèdent et se chevauchent. Pour faire tenir tout ça ensemble, il faut de l’expérience et un esprit musical très fort. Tortoise possède les deux.
L’album lui-même nous promène d’une ambiance à l’autre. The Fall of Seven Diamonds Plus One est typiquement Tortoise, alors que Monument Six One Thousand est… presque lounge. Presque. Ça reste Tortoise.
Tortoise / Beacons of ancestorship / Thrill Jockey
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