Patrick Watson au Festival de Jazz de Montréal
by L'oreille Gauche on Jul.06, 2009, under Actualités
Ou comment transformer un grand spectacle en très grand spectacle.
Il y a quelques jours, un journaliste de La Presse s’inquiétait. Patrick Watson allait-il réussir à déployer l’énergie nécessaire à un si grand spectacle ? Espérons que l’inquiétude n’a pas empêché ce journaliste de dormir, parce que Watson et son groupe ont fait encore mieux que tout ce qu’on pouvait imaginer.
Si les gens sur place ont reçu autant que nous, branchés sur la retransmission web, ce devait être une grande soirée sur la Place des Festivals. Les chansons, qui planent à n’en plus finir sur disque, étaient solidement arrimées et emplies d’une énergie électrisante.
La soirée a compté son lot de surprises. De multiples réarrangements, d’abord, saupoudrés avec justesse des couleurs orchestrales d’un quatuor à cordes et d’une section de cuivre. Il aurait eu l’OSM avec lui que ce n’aurait pas été plus beau. Pour ajouter à l’intensité, Watson laissait parfois de nombreuses couches de son trituré se greffer à ses tours d’instruments.
En plus de la transformation joyeuse de Big bird small cage par Marie-Pierre Arthur et deux choristes, le saxophone de Yannick Rieux est venu se poser sur l’un des moments les plus déroutant du spectacle. Lhasa est passée faire deux chansons, dont l’impressionnante 12 steps, une nouvelle. Pour finir, Guy Nadon s’est ajouté sur une version ahurissante de Machinery from the heavens, où quelques notes de Swing swing swing sont venues rendre hommage à l’époque des big band.
Au plan de la mise en scène Patrick Watson a fait comme dans sa musique et a joué au magicien. D’abord, un vélo qui vole, puis un homme venu d’Inde spécialement pour l’occasion nous faire des ombres chinoises impossibles.
Pour clore le florilège accessoriel, les musiciens ont joué au milieu de la foule, dotés d’un attirail tout droit sorti d’une bande dessinée: une armée de porte-voix portée par des tubulures métalliques jusque par-dessus leurs épaules. Une expérience qui a connu des pépins techniques, vécu plus par les gens sur place que par ceux qui appréciaient le spectacle de chez eux.
Patrick Watson fût d’une bonhomie et d’un enthousiasme à toute épreuve, ajoutant au charme de la soirée. Jusqu’à la fin, il aura multiplié les surprises et la spontanéité, terminant avec une version de The great escape aspergée de funk, et un Bright shiny lights improvisé et revisité. Visiblement, il ne voulait pas que ce spectacle se termine et il avait raison. Nous non plus.
Un beau trophée Méritas à l’équipe de Sympatico/MSN, qui a offert une qualité visuelle et sonore remarquable sur Internet.
Quant à Patrick Watson, qu’il sache qu’il vient de s’approprier cette édition du Festival de Jazz. Parce qu’il a été audacieux ? Oui. Parce qu’il a été Jazz, et ce peut-être même plus que bien d’autres spectacles du festival ? Aussi. Mais plus important encore, c’est tout simplement parce qu’il aura été d’une virtuosité peu commune et qu’il s’est dépassé comme peu d’artistes ont l’occasion de le faire.
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July 8th, 2010 on 13:36
ou est ce que je peux télécharger le show?
July 8th, 2010 on 23:27
Là : http://www.loreilledutigre.com/2009/07/en-mp3-patrick-watson-au-fijm/