De l’apport du pas d’instrument dans la musique contemporaine #2
by Oreillette on Mar.18, 2009, under Actualités
Cette semaine, je continue dans cette lignée de chronique sur l’apport du pas d’instrument dans la musique contemporaine.
Le discours politique vit présentement une renaissance. Entre les lèvres présidentielles de nos voisins du sud, il ravive les ferveurs, et ce, aux quatre coin du monde. Il inspire à certains des faces sur des T-shirts et à d’autres, comme Will.i.am, une chanson. Je vous parle cette semaine de l’intégration des extraits du discours politique dans la musique.
Oui, il peut… les autres, pas sur
«Yes we can» est une chanson inspirée d’un discours prononcé par Barack Obama à la suite de la primaire du New Hampshire de 2008. Le vidéoclip a été mis en ligne sur Youtube le 2 février 2008 et depuis, il été vu plus de 17 millions de fois à travers le monde! Même le Time Magasine l’a qualifié de «brillant».
Les balades vous emmerdent?
Écoutez plutôt la version techno remixée par deux DJs français.
Suite à la popularité du vidéoclip «Yes we can», d’autres artistes de la chanson ont décidé de répondre à l’œuvre, en faisant de même avec un discours de John McCain. Avec les politiques qu’on lui connaît, ça a donné «No you can’t».
Plus près de nous, les Terre-Neuviens aussi se sont laissé inspirer par le désormais célèbre vidéo clip de Will.i.am. Étant entrée dans la Confédération seulement qu’en 1949, Terre-Neuve vient tout juste d’acquérir son statut officiel de province riche. Pour célébrer cette récente dépendance économique, une quinzaine d’artiste de la province remplacent Obama et son discours par leur non moins charismatique premier ministre Danny Williams.
Oui, ils ont. Yes we have!
Les dimanches de Bush, le dilemme de Blair
Toutes ces compositions utilisent le discours politique comme trame de fond. Or, certains l’utilisent carrément comme principal instrument. Dans cet ingénieux découpage d’un discours donné par Georges W. Bush, RX2008 (de son nom de Youtubeux), se réapproprie ses paroles. C’est sans doute la seule opportunité que nous aurons d’entendre ce président déchu chanter Sunday Bloody Sunday de U2.
Une version toute anglaise a également été créée par RX2008, dans laquelle on peut entendre Tony Blair nous chanter Should I stay or should I go par The Clash.
La voix parlé comme une mélodie
Dans la majorité des cultures, la gamme telle qu’on la connaît tirerait ses racines directement de la constitution physique de nos cordes vocales. Des chercheurs de l’université de Duke en Caroline du Nord sont venus à cette conclusion en mesurant la voix avec des appareils qui permettent voir son spectre.
Ce qui est assez extraordinaire, c’est qu’elle est particulièrement construite sur les tonalités que la voix humaine émet lors de simples allocutions. Même si l’anatomie et les voix diffèrent d’une personne à l’autre et que les langages diversifiés provoquent des sons distincts, nous aurions tous la même variété de résonance vocale.
L’explication reste très scientifique, mais certains artistes ont tout de même joué avec ces modulations, consciemment ou non.
C’est le cas avec cette vidéo d’une entrevue de Sarah Palin. Une musique est composée d’après les tonalités de sa voix.
Le Québecois René Lussier est certainement une des figures de proue de la création musicale à partir d’extraits sonores. À la fin des années 1980, il sillonne les routes du Québec en compagnie de preneur de son Claude Beaugrand. S’inspirant des extraits sonores recueillis, Lussier compose de la musique qu’il superpose souvent aux voix. Ce projet débouche, en 1989, sur son deuxième album “Le trésor de la langue”. En plus d’intégrer la voix des gens rencontrés lors de son périple, il joue également avec des extraits de discours à saveur sociale ou politique qui ont meublés et battis le Québec. Dans ces archives on peut entre autre entendre Charles de Gaulles ou René Lévesque.
Personnellement, j’attends toujours qu’on remixe notre Jean Charest national.
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