C’est finalement mardi prochain (22 juillet) que le TRÈS BON disque de Windmill sortira de ce côté de la flaque d’eau, aux États-Unis et au Canada, sur l’étiquette Friendly fire records.
Les deux oreilles du tigre unissent leurs tympans pour déclarer: IL ÉTAIT TEMPS!
Voyons les Francos!! Qui a “booké” ça? C’est jeudi 24 août à 22h, si vous avez une envie de mal de coeur.
On vous revient sans doute bientôt avec de vraies recommandations.
Saluons tout de même son professionnalisme, alors qu’elle chante comme si de rien elle était devant un pas de public dans un festival de Trois-Rivières, sans scène, sans musicien et sans talent.
Edit: Coudonc, les gars, ils jouent au ballon chasseur???
Vous êtes prêt pour la deuxième partie? Si vous avez manqué la première, c’est ici. C’est une émission que j’ai eu beaucoup de plaisir à concevoir. J’espère que vous allez l’aimer tout autant que moi! On vous revient bientôt avec de la musique un peu moins connue et avec des surprises.
Vous connaissez le principe du “mashup”? Je vais laisser Sue Teller vous expliquer de quoi il s’agit (même si ça contient de la pub pour la boisson gazeuse la plus infecte qui soit).
Donc, faire jouer deux chansons en même temps et que ça fitte. Souvenez-vous, nous avons terminé notre saison régulière avec un mashup, alors que Louis Armstrong chantait avec Radiohead.
L’Oreille du tigre a pris quelques minutes de son temps libre pour vous en concocter deux.
On vous a manqué? Je l’espère! L’Oreille du tigre est de retour avec une balado conceptuelle. Mieux encore: ce n’est pas une balado, mais bien DEUX. Wow wow wow.
Le concept: Une liste des meilleurs albums, à raison d’un par année, parue depuis l’année de ma naissance, moi, L’Oreille gauche. (Inspiré par ce Gorilla vs Bear) C’est sûr qu’il en manque. J’ai passé pas mal de temps à préparer cette liste, mais ça m’en aurait sans doute pris le double pour être certain de ne rien manquer.
Le samedi soir après le turbin, l’ouvrier parisien et sa femme aiment bien aller au café-concert. Les Suisses et les Montréalais aussi.
Jolie jeune femme appréciant la musique nordique, vieillard décadent appréciant la vue d’une nymphette semblant avoir 12 ans, L’oreille du tigre vous paie un concert qui va vous plaire.
Ça se passe à Reykjavík, ça contient Björk et Sigur Ros, ça commence à 15h (heure de Montréal [19h, pour la Suisse]), c’est ce samedi 28 juin, c’est gratuit et ça se passe à cet URL:
Je vous ai parlé, lors d’une récente émission, d’un livre sur le saxophoniste John Coltrane.
Coltrane, the story of a sound, par Ben Ratliff
Comme je l’ai dit, n’abordez pas ce livre si vous n’êtes pas un peu musicien. Ça peut être assez ardu. Mais pour ceux qui seront capable de s’y plonger, Coltrane: the story of a sound est une lecture très enrichissante. John Coltrane, le musicien, y est décrit de façon extrêmement complète. Durant 200 pages, on suit un homme à la poursuite de son son, de ce qui sera l’achèvement de l’acte musical, pour lui. Pour personne d’autre que lui.
Coltrane a repoussé les limites du saxophone et du jazz, mais il n’a pu le faire qu’après des centaines, des milliers d’heure de pratique et de recherche. Ce n’était tout simplement pas humain.
Mais ce qui est le plus époustouflant, c’est le résultat de cette recherche. De ses débuts en 1946, dans la marine jusqu’à sa mort en 1967, il est passé successivement par des stades totalement opposés.
Tout d’abord, il y eut un apprentissage des bases, des classiques du jazz. Ayant parfaitement avalé et digéré ce qui s’était fait avant lui, il s’est lancé dans une recherche harmonique qui l’a amené à tenter de faire entrer le plus de notes possibles sur un accord, à essayer de faire des gammes de plus en plus éloignées de ce qui devrait aller sur ces accords. Cette phase l’a amené à lancer l’album Giant Steps, un album plus important au niveau théorique qu’au niveau musical, il faut bien l’admettre.
À partir de ce point, les pièces de Coltrane commencent à se dépouiller. Les accords disparaissent pour laisser place au style modal, où l’on joue sur une seule gamme durant une période relativement longue (voir Kind of Blue de Miles Davis, pour entendre la chose clairement).
Plus Coltrane s’est avancé dans sa recherche, plus il a tenté de se détacher des règles qu’il avait lui-même aidé à instaurer. Pour la dernière période de sa vie, il lui arrivait de faire de longs solos, accompagné seulement d’une batterie. Quand ce n’était pas ce dépouillement, c’était le contraire, la surenchère de 3 saxophones, 2 batteries et 2 contrebasses.
John Coltrane avait quelque chose à sortir de lui. Un son, un cri. Un cri qui, contrairement à ce que plusieurs croient, n’avait rien de colérique.
Parti sur la route d’une recherche technique impossiblement fouillé, Coltrane est arrivé à un dénuement de cette technique. Comme un peintre qui travaillerait son art toute sa vie, à grand coup de portrait et de natures mortes, pour terminer en faisant de la peinture rupestre.
Le voyage du son de Coltrane est fascinant, parce que c’est la recherche d’un homme à la recherche de lui-même. La pratique extrême d’une forme d’art, la musique dans son sens le plus large, était l’outil de Coltrane pour arriver à l’absolu.
Le livre de Ben Ratliff a attiré mon attention sur un poème écrit par Michael S. Harper. Tiré du recueil Dear John, Dear Coltrane, il s’intitule Brother John.
Le poème, particulièrement les premières strophes, évoque le style de John Coltrane. Sa façon de prendre un petit motif de quelques notes, pour le retourner et le permuter de toutes les façons possibles. Les strophes suivantes évoquent aussi sa maîtrise du son blues. Les longues notes bleues suivies d’une cascade et de quelques permutations. Ce poème est la meilleure façon d’écrire sur le son de Coltrane.
Je vous propose de le lire en écoutant Wise One, un bon exemple de ce style.
Black man:
I’m a black man;
I’m black; I am
A black man; black
I’m a black man;
I’m a black man;
I’m a man; black
I am
I am Bird
baddest night dreamer
on sax in the ornithology-world
I can fly–higher, high, higher
Miles, blue haze,
Miles high, another bird,
more Miles, mute,
Mute Miles, clean,
bug-eyed, unspeakable,
Miles, sweet Mute,
sweat Miles, black Miles;
I’m a black man;
I’m black; I am;
I’m a black man–
Trane, Coltrane; John coltrane;
it’s tranetime; chase the Trane;
it’s a slow dance;
it’s the Trane
in Alabama; acknowledgment,
a love supreme,
it’s black Trane; black;
I’m a black man; I’m black–
I am, I’m a black man -
Brother John, Brother John
plays no instrument;
he’s a black man; black;
he’s a black man; he is
Brother John; Brother John–
Pour ceux qui n’aient pas trop lire, voici le poème récité par son auteur, accompagné à la clarinette par Paul Austerlitz.
—–
Pour ceux qui trouvent tout ça trop sérieux, sachez que le 4e chat des Simpsons est le seul à ne pas s’être appelé Snowball. Il s’appelait… Coltrane. Il ressemble d’ailleurs un peu au saxophoniste.
Dans l’épisode où il apparait, Lisa lui joue du Coltrane au saxophone, le petit chat prend peur, saute par la fenêtre et meurt. C’est un peu ce qui risque d’arriver si vous faites jouer à votre visite quelques airs du disque Ascension…
… et c’est bien là que vont s’arrêter les citations de Claude Dubois sur notre auguste bout de cyberespace. Cependant, il est vrai que nous sommes tous un peu des artistes, soit en tapant du pied, soit en chantonnant dans la rue. D’autres comme Bill O’Reilly, le sont en pètant une immense coche hors-d’ondes.
D’autres n’ont qu’à prendre certains décisions politiques. George W. Bush, par exemple, n’a eu qu’à supporter quelques guerres, et le voilà qui chantait Sunday Bloody Sunday sans même le savoir !
Mieux encore; alors qu’il s’accrochait au pouvoir, Tony Blair se demandait vraiment Should I Stay Or Should I Go.
Héééé oui. C’est la fin d’une saison avec cet épisode numéro 37. Comme dans le strip de Garfield ci-dessous, il va vous manquer quelque chose et votre vie va être une suite de moment déprimant. (Vous pourrez toujours l’égayer un peu en visitant Meet John Arbuckle. “Who would have guessed that when you remove Garfield from the Garfield comic strips, the result is an even better comic about schizophrenia, bipolar disorder, and the empty desperation of modern life?”)
Mais tout d’abord, profitons de cette dernière chance de se parler dans les oreilles… avant les épisodes d’été!!!